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Des réfugiés syriens interpellent Ottawa pour faire venir leur fille

Des réfugiés syriens interpellent Ottawa pour faire venir leur fille
Photo: Getty Images/iStockphoto

OTTAWA — Le Nouveau Parti démocratique (NPD) demande l’intervention directe d’Ottawa afin qu’une jeune femme syrienne, prise en Libye, puisse obtenir le statut de réfugiée et ainsi rejoindre le reste de sa famille au Québec.

Nour Mohammad, âgée de 22 ans, se retrouve seule en Libye depuis que son mari est décédé électrocuté lors d’un accident de travail en février dernier.

Ses parents et ses huit frères et soeurs, eux, sont arrivés à Saint-Hyacinthe dans la vague des réfugiés syriens en janvier 2016, tel que promis par le gouvernement Trudeau nouvellement élu à l’époque.

La jeune Nour, qui a elle aussi déposé une demande au Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) des Nations unies en 2013, n’a pas suivi sa famille en raison de sa situation matrimoniale à l’époque.

Elle souffre maintenant d’une grande détresse psychologique, selon sa famille, qui s’inquiète et qui tente de lui parler le plus souvent possible.

Toute la famille Mohammad était à Ottawa jeudi, à l’invitation de leur députée Brigitte Sansoucy, du NPD, pour demander l’aide du gouvernement canadien.

«La Libye est un pays de guerre. Ma fille est menacée de mort, insiste son père, Mohammed Mohammad. Qu’ils nous donnent notre fille parce que nous sommes inquiets et dans une situation vraiment difficile.»

Le députée Sansoucy a écrit au ministre fédéral de l’Immigration, Ahmed Hussen, en avril dernier, pour qu’il utilise son pouvoir discrétionnaire ministériel afin d’attribuer la citoyenneté à la jeune femme, mais sans succès.

Elle a également tenté de présenter une demande d’immigration pour des considérations d’ordre humanitaire, mais Nour Mohammad ne remplissait pas les critères requis.

Mme Sansoucy estime avoir épuisé toutes les options et se désole de voir que son cas «arrive dans les craques d’un règlement».

«Depuis que je suis députée, c’est le cas qui me brise le plus le coeur. J’ai essayé tout ce que je peux. Je suis au bout de mes pouvoirs de députée», a-t-elle laissé tomber, les larmes aux yeux.

Au bureau du ministre Hussen, on indique qu’on ne peut pas donner des détails sur le cas spécifique de Nour Mohammad.

Mais on ajoute que c’est au HCR de déterminer si le cas d’un individu est urgent et s’il y a lieu de craindre pour sa vie. Le HCR peut ensuite lui accorder le statut de réfugié et contacter différents pays partenaires, comme le Canada.

C’est ce qui s’est passé dans le cas de Rahaf Mohammed al-Qunun, la jeune Saoudienne qui avait fui sa famille plus tôt cette année et qui avait été accueillie au Canada en quelques jours seulement.

Son cas était cependant inhabituel, avait reconnu le ministre Hussen à l’époque.

Catherine Lévesque, La Presse canadienne