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Le train à grande fréquence de Via Rail au Québec a l’appui d’officiels fédéraux

Le train à grande fréquence de Via Rail au Québec a l’appui d’officiels fédéraux
Photo: LA PRESSE CANADIENNE/Sean KilpatrickLe député du NPD Robert Aubin

OTTAWA — Des responsables fédéraux poussent pour que la Banque de l’infrastructure du Canada appuie le projet de train à grande fréquence de Via Rail, indiquent des documents déposés à la Chambre des communes.

La réponse du gouvernement à une question écrite du néo-démocrate Robert Aubin précise qu’à huit reprises, d’octobre à décembre 2018, des responsables du ministère des Finances ont rencontré des représentants de l’organisme fédéral indépendant pour présenter le dossier d’affaire au nom de Via Rail.

La compagnie de chemin de fer veut construire un nouveau réseau de lignes ferroviaires pour des trains de passagers en Ontario et au Québec. Le projet de plusieurs milliards de dollars vise à ce que ses trains ne soient plus obligés de céder le passage à des trains de marchandises sur des voies empruntées.

Le document indique qu’un dernier appel téléphonique, le 11 décembre 2018, portait sur le délai dont disposait l’organisme de financement des infrastructures pour achever l’examen d’un projet largement considéré comme pouvant être soutenu par la banque, mais que sur lequel Transports Canada doit encore se prononcer.

Le ministère des Finances a indiqué à M. Aubin qu’une série de modèles public-privé étaient toujours en cours d’évaluation «avec divers degrés d’investissement du secteur privé».

Les options incluent l’aide d’un partenaire privé pour la conception et la construction des nouvelles lignes, ou un accord plus large incluant le financement, l’exploitation et l’entretien.

Les libéraux ont créé la Banque de l’infrastructure du Canada en 2017, dans l’espoir d’utiliser 35 milliards $ du fédéral pour tenter d’attirer des investissements du secteur privé trois à quatre fois plus importants pour financer de nouveaux projets d’infrastructure d’intérêt public.

En pratique, cela signifie que les projets doivent respecter les objectifs de la politique fédérale, ainsi que ceux de l’administration qui héberge un projet particulier. Les projets doivent également être attrayants pour le secteur privé, ce qui signifie qu’ils doivent engranger des bénéfices pour les investisseurs.

«Notre rôle consiste à analyser les options afin de fournir des conseils confidentiels sur le plan commercial», a affirmé le président-directeur général de la Banque de l’infrastructure, Pierre Lavallée, dans un communiqué, à propos des réunions concernant Via Rail.

M. Lavallée a soutenu qu’il s’agissait d’une «pratique courante» et qu’elle impliquait souvent d’échanger des idées avec des acteurs externes.

Le président-directeur général n’a pas répondu à la question de savoir si des membres du personnel politique ou des ministres avaient contacté la Banque de l’infrastructure au sujet du projet.

Jusqu’à présent, l’organisme fédéral a participé à deux projets: un prêt de 1,28 milliard $ dans le Réseau express métropolitain (REM) à Montréal, un réseau de trains légers à haute fréquence, et le mois dernier un investissement jusqu’à concurrence de 2 milliards $ dans le projet d’expansion du corridor ferroviaire du réseau GO en Ontario.

Transports Canada examine la proposition de Via Rail depuis plus d’un an et les libéraux n’ont pas encore annoncé de décision en matière de financement.

Le rapport de planification du ministère pour cet exercice comprend une note pour passer en revue les «prévisions de chiffre d’affaires et de fréquentation», ainsi que l’analyse de rentabilisation — que la Banque de l’infrastructure a examinée à la fin de l’année dernière — afin de documenter les options à considérer par le gouvernement.

Le ministre des Transports, Marc Garneau, a déclaré aux Communes plus tôt cette semaine que le gouvernement ferait une annonce lorsqu’il aurait pris une décision.

Jordan Press, La Presse canadienne