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Les libéraux ontariens décideront samedi comment ils se choisiront un chef

Les libéraux ontariens décideront samedi comment ils se choisiront un chef
Photo: La Presse canadienne

TORONTO — Les libéraux ontariens se réuniront ce week-end pour décider notamment comment ils se choisiront un nouveau chef — une étape clé pour ce parti qui tente de se reconstruire après la défaite historique de l’année dernière.

L’assemblée générale annuelle s’ouvre en fait vendredi soir un an jour pour jour après le scrutin de 2018, qui a vu les libéraux passer d’un gouvernement majoritaire à une représentation de sept sièges. Ce résultat ne lui assurait même pas le statut de parti officiel à l’Assemblée législative. Le président du parti, Brian Johns, admet que cette date n’est pas fortuite.

«Nous pensions que ce serait très bien de tenir l’assemblée générale au premier anniversaire, a-t-il déclaré. En tant que parti, nous sommes prêts à tourner une page du passé et je pense que les Ontariens sont prêts à tourner la page et à faire un pas en avant avec nous.»

M. Johns dresse malgré tout un bilan positif de la santé du parti: il affirme que le nombre de membres est en hausse — bien qu’il ne divulgue pas les chiffres — et que 25 pour cent des délégués au congrès cette année sont de nouveaux membres.

Omar Khan, membre sortant de l’exécutif, a été moins jovialiste. «Les récents sondages sont encourageants, mais ils ne cachent pas le fait que dans trois ans, nous allons affronter un Parti progressiste-conservateur qui peut recueillir 4 millions $ en une seule soirée, a-t-il rappelé. Nous ne sommes même pas près de jouer dans cette ligue pour le moment.»

Trois personnes se sont déjà manifestées jusqu’ici dans la course à la direction du parti: les ex-ministres Steven Del Duca, Michael Coteau, un autre ancien ministre et l’un des sept libéraux réélus l’an dernier, et l’ancien candidat Alvin Tedjo. L’ancienne ministre de l’Éducation Mitzie Hunter a déclaré qu’elle songeait elle aussi à se lancer dans la course. Et un groupe anonyme de libéraux a fait circuler un courriel jeudi pour tenter de courtiser l’astronaute Chris Hadfield.

Les députées Nathalie Des Rosiers et Marie-France Lalonde envisageaient également de se présenter, mais Mme Des Rosiers a récemment annoncé qu’elle démissionnerait plus tard cette année pour occuper un poste au Collège Massey, et Mme Lalonde veut faire le saut en politique fédérale dans sa même circonscription d’Orléans.

Le chef libéral par intérim, John Fraser, qui a pris le relais après la démission de Kathleen Wynne au lendemain de sa cuisante défaite, a déclaré qu’une course à la direction permettrait de galvaniser les troupes — et le parti. «Il ne suffit pas d’avoir une carte de membre, a-t-il estimé. Les gens veulent avoir le sentiment de faire partie de quelque chose. Une course à la direction est donc un excellent moyen de le faire et je pense que cela en soi aidera à renforcer le parti.»

Mais avant tout, les libéraux devront décider comment ils choisiront leur prochain chef. Parmi les 37 amendements proposés à la constitution du parti qui seront débattus et votés ce week-end, le plus surveillé sera donc celui qui pourrait supprimer les traditionnels congrès à la chefferie, avec délégués, afin de passer au scrutin universel — «un membre, un vote».

Ces congrès avec délégués créent des effets théâtraux, mais ils ont perdu la faveur de la plupart des autres partis politiques — y compris les libéraux fédéraux, qui ont été les derniers à l’abandonner sur la scène fédérale en 2009.

Les amendements à la constitution du parti requièrent un appui des deux tiers des délégués pour être adoptés; les résultats de ce vote sont attendus samedi matin.

Allison Jones, La Presse canadienne