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L’armée de l’air jongle avec des mesures pour attirer de nouveaux pilotes

L’armée de l’air jongle avec des mesures pour attirer de nouveaux pilotes
Photo: Adrian Wyld/La Presse canadienneLe lieutenant-général Al Meinzinger

GATINEAU, Qc — Le commandant de l’armée de l’air canadienne veut notamment verser des primes de rétention et de signature aux pilotes, dans le but de pallier une pénurie d’aviateurs et de mécaniciens expérimentés.

Dans un message très franc adressé aux membres de l’Aviation royale canadienne, lundi, le lieutenant-général Al Meinzinger a qualifié ces mesures de «vitales» pour stabiliser l’effectif, à une époque de concurrence sans précédent pour les pilotes et les techniciens qualifiés.

«Nous risquons de perdre l’expérience considérable de notre personnel supérieur et, par conséquent, notre capacité d’assurer le mentorat et la formation des nouveaux aviateurs, ainsi que de leur transmettre les connaissances nécessaires, autant de choses essentielles afin de les préparer à mener des opérations avec efficacité», écrit le commandant dans un message au personnel de l’Aviation royale canadienne (ARC).

«Si nous n’agissons pas afin de stabiliser nos niveaux de personnel d’expérience, la capacité de l’ARC de s’acquitter de ses opérations en souffrira davantage. Toutefois, accroître l’enrôlement et la formation ne suffit pas.»

Les nouvelles initiatives visent à minimiser le temps passé par les pilotes sur le plancher des vaches plutôt que dans le ciel, en rationalisant la formation et en réduisant les responsabilités qui ne leur incombent pas, tout en faisant appel à davantage de réservistes et sous-traitants.

Il est également prévu d’étudier la mise en place de primes de rétention pour les pilotes plus expérimentés, mais aussi de primes de signature pour attirer d’anciens pilotes militaires du Canada et de pays alliés. De telles mesures nécessiteront toutefois l’approbation du gouvernement. D’autres forces armées aux prises avec une pénurie de pilotes, notamment aux États-Unis, ont mis en place de telles primes et d’autres mesures incitatives afin de garder leurs aviateurs.

Le lieutenant-général Meinzinger a reconnu que certaines des mesures prendraient plus de temps que d’autres — jusqu’à sept ans, date à laquelle il espérait jusqu’ici résoudre la pénurie.

Il sera en effet essentiel de respecter ce calendrier pour assurer une transition en douceur de la flotte actuelle de vieux avions de combat CF-18 vers les remplaçants ultramodernes, une période au cours de laquelle l’armée de l’air sera déployée dans trois directions différentes. Non seulement l’ARC devra garder le même nombre d’avions en vol pour effectuer des missions et disposer de suffisamment d’aviateurs expérimentés pour former de nouveaux pilotes — ce qui est déjà difficile —, mais il faudra également que des pilotes chevronnés puissent suivre leur formation sur la nouvelle flotte de chasseurs.

«Il s’agit d’un problème complexe qui nécessite des solutions également complexes», a convenu M. Meinzinger lundi.

Le vérificateur général du Canada a souligné en novembre que l’armée de l’air ne disposait pas de suffisamment de pilotes et de mécaniciens pour faire voler et entretenir ses CF-18. Deux mois plus tôt, des responsables de l’armée de l’air révélaient qu’il ne restait que 275 pilotes et qu’il fallait davantage de mécaniciens et autre personnel qualifié.

La pénurie pourrait par ailleurs s’aggraver à cause de la croissance exponentielle prévue dans l’industrie mondiale des compagnies aériennes commerciales, ce qui pourrait pousser de nombreux pilotes militaires expérimentés à quitter l’armée.

Lee Berthiaume, La Presse canadienne