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Il n’y aura pas de commission Parent 2.0, répond Legault à Québec solidaire

Il n’y aura pas de commission Parent 2.0, répond Legault à Québec solidaire
Photo: La Presse canadienneFrançois Legault

QUÉBEC — L’idée de Québec solidaire (QS) d’instaurer une commission Parent 2.0 pour examiner l’état actuel du système d’éducation se bute à un obstacle majeur: le refus du premier ministre François Legault.

Sans se laisser décourager, la députée Christine Labrie, de QS, affirme qu’elle continuera de mettre de la pression sur le gouvernement. Elle soutient être appuyée par plusieurs groupes d’intérêts.

En mêlée de presse mardi, M. Legault a rappelé les engagements de son parti en matière d’éducation, avant de conclure que le Québec est maintenant «à l’étape de l’action».

Pour combattre le décrochage scolaire, il suffit d’agir tôt, a-t-il dit. «On est en train de mettre en place un programme de dépistage, on va mettre en place des maternelles 4 ans, on va augmenter le nombre d’orthophonistes, d’orthopédagogues, donc d’aide auprès des 27 pour cent d’enfants qui ont des difficultés d’apprentissage, a-t-il énuméré, en balayant du revers de la main la suggestion de QS. Je pense qu’on est à l’étape de l’action.»

Il répondait ainsi à Mme Labrie, qui estimait dimanche dernier dans une entrevue à La Presse canadienne que le Québec se trouvait sur une «pente glissante» et devait absolument se doter d’une vision globale en éducation.

L’élue de Sherbrooke souhaite qu’une commission d’enquête non partisane examine plusieurs questions, dont celle des contenus d’enseignement, des méthodes d’évaluation, de la composition des classes, des conditions de travail des enseignants, de l’accès aux services professionnels, du financement des écoles privées et de l’école en région.

Véritable pilier de la Révolution tranquille, le rapport Parent de 1963-1964 a notamment recommandé la création du ministère de l’Éducation et des cégeps, la formation poussée des enseignants et l’accès facilité aux universités. Surtout, il a promu l’égalité des chances, selon Christine Labrie, qui estime ce concept malmené depuis des années avec l’arrivée entre autres des programmes particuliers (sports-études, arts-études).

En 2016, le Conseil supérieur de l’éducation a décrété que l’école québécoise est la plus inégalitaire au pays.

Mme Labrie se désole que le projet de loi 12, adopté le 6 juin dernier, encadre les frais scolaires mais laisse le coût des programmes particuliers libres d’augmenter. Elle déplore l’absence de données concernant ces programmes, ainsi que l’attitude de la Coalition avenir Québec (CAQ), qui fait «comme si elle détenait la vérité».

«Je ne me décourage pas du tout, a-t-elle lancé en entrevue, mardi. Je sais que ça répond à un besoin puis on sait aussi que la CAQ peut changer d’idée, (…) donc moi je fais appel au ministre de l’Éducation pour qu’il soit à l’écoute de son réseau et des acteurs et aussi des familles qui ont le goût qu’on la fasse cette réflexion nationale-là.»

QS dit avoir l’appui des groupes suivants: Profs en mouvement, le Mouvement L’école ensemble, la Fédération des professionnelles et professionnels de l’éducation du Québec, la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) et la Fédération des éducateurs physiques du Québec.

Caroline Plante, La Presse canadienne