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Un frère des Écoles chrétiennes est visé pour des agressions sexuelles présumées

Un frère des Écoles chrétiennes est visé pour des agressions sexuelles présumées
Photo: Archives La Presse canadienne

MONTRÉAL — Une autre congrégation religieuse se retrouve en justice pour des agressions sexuelles présumément commises par l’un de ses membres il y a près de 60 ans.

Une demande d’action collective visant un religieux et son ordre, les Frères des Écoles chrétiennes, a été déposée jeudi en Cour supérieure, réclamant 600 000 $ en dommages pour chacune des victimes du frère Onil Mailhot, dit «frère Patrice», qui est décédé le 18 mai dernier.

L’action ne se limite toutefois pas qu’aux victimes d’Onil Mailhot, mais cible bien n’importe quel membre de l’ordre religieux: «Il faut que ce soit une victime d’un frère des Écoles chrétiennes, qu’elle ait subi des agressions sexuelles alors qu’elle était mineure», explique Me Alain Arsenault, qui pilote la démarche des plaignants.

«Ça vise tout le monde; il n’y a aucune ambiguïté. Évidemment, il est clair que souvent c’étaient les garçons qui, dans les années 40, 50 et 60, étaient envoyés dans les pensionnats et les écoles de l’organisme, mais il y a aussi eu des filles», précise le juriste, ajoutant qu’une dizaine de victimes se sont déjà manifestées. Il s’attend à une affluence beaucoup plus importante avec la médiatisation du dossier.

Selon la requête, le demandeur identifié par les initiales A.B. et aujourd’hui âgé de 66 ans, a été agressé sexuellement par le frère Patrice, entre l’âge de 7 et 8 ans, alors qu’il fréquentait l’École Dominique-Savio, à Forestville, où le religieux était préposé, de 1960 à 1961.

Ces agressions «prenaient généralement la forme d’attouchements et de masturbations» d’après la description contenue dans la requête. Elles se déroulaient «généralement au sous-sol de l’école, dans une salle d’entreposage» et «se sont produites à de nombreuses occasions».

Invoquant une série de conséquences de ces agressions présumées — anxiété, culpabilité, humiliation, baisse d’estime de soi, dysfonction sexuelle, consommation abusive d’alcool et de drogue, idées suicidaires, notamment — le demandeur réclame 300 000 $ à titre de dommages-intérêts non pécuniaires, 150 000 $ pour pertes pécuniaires et 150 000 $ de dommages punitifs, pour un total de 600 000 $.

La requête fait valoir que les Frères des Écoles chrétiennes étaient responsables du contrôle, de la direction et de la surveillance de leurs préposés et de leurs membres.

Elle soutient que les préposés ou membres de la congrégation visés «ont utilisé leur position d’autorité religieuse afin de développer des liens avec les membres du groupe, dont le demandeur, et faussement gagner leur confiance».

Elle reproche également à l’organisme religieux, entre autres, d’avoir «omis d’instaurer des politiques et mesures de sécurité ou de surveillance pour que ses membres ne commettent pas d’agressions sexuelles» et d’avoir «préféré la culture du silence» plutôt que de respecter leur propre droit interne.

 

 

 

Pierre Saint-Arnaud, La Presse canadienne