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Louis Robert: Legault présente des excuses au nom de l’État

Louis Robert: Legault présente des excuses au nom de l’État
Photo: La Presse canadienneLe premier ministre François Legault

QUÉBEC — Le premier ministre François Legault a présenté vendredi matin des excuses au nom de l’État québécois à Louis Robert, cet agronome congédié en janvier par le ministère de l’Agriculture pour avoir dénoncé dans les médias l’influence de l’industrie des pesticides dans la recherche.

Un rapport de la Protectrice du citoyen concluait jeudi que le ministère n’avait pas respecté la loi sur les lanceurs d’alerte et avait trahi M. Robert en 2017, en divulguant notamment son identité au cours de son processus de divulgation d’actes répréhensibles.

M. Legault a néanmoins réitéré sa confiance en son ministre de l’Agriculture, André Lamontagne. Ce n’était pas la responsabilité de son ministre de s’assurer que le processus de traitement de la divulgation était suivi, a-t-il invoqué.

«C’est la responsabilité d’un sous-ministre», a-t-il répondu en Chambre au chef péquiste Pascal Bérubé. Le sous-ministre Marc Dion a présenté sa démission jeudi, et pourra toucher une indemnité de départ de 33 000 $, mais de toute façon, il devait prendre sa retraite en juillet.

Or le rapport indique que «le sous-ministre ne s’est pas ingéré dans la gestion de la divulgation». C’est plutôt la responsable du suivi de la divulgation, Geneviève Masse, qui est visée dans le rapport _ et pourtant elle a été promue par la suite au poste de sous-ministre adjointe.

«Le premier ministre a induit (la Chambre) en erreur et a induit la population en erreur», a dénoncé en conférence de presse au Parlement le porte-parole libéral, Gaétan Barrette.

M. Lamontagne plaide qu’il n’a rien à se reprocher et qu’il n’est pas responsable puisque les «manquements majeurs» au processus de divulgation constatés par la Protectrice du citoyen ont eu lieu en 2017. Cependant, le congédiement a eu lieu en janvier dernier.

«Le ministre, il est là aussi pour s’assurer que ce qui est sous son autorité selon les lois qui le concernent sont appliquées et surveillées», a rappelé M. Barrette, qui y voit un test d’autorité pour François Legault et son ministre.

«Actuellement, le premier ministre dit à ses ministres: ‘amusez-vous parce qu’en ce qui me concerne, tout ce qui touche la loi, c’est la responsabilité des sous-ministres.’ Ça ne marche pas comme ça.»

Pascal Bérubé a rappelé en Chambre que M. Lamontagne avait induit en erreur les médias et la population en se targuant en janvier d’avoir congédié lui-même M. Robert, pour ensuite se rétracter.

M. Lamontagne avait également laissé entendre que d’autres taches figuraient au dossier de M. Robert et même le premier ministre avait soulevé des soupçons.

«Vous avez terni la réputation de M. Robert sur la base de ouï-dire de votre ministre, est-ce que c’est vraiment digne d’un premier ministre?» a demandé le chef de l’opposition officielle, Pierre Arcand.

M. Legault a laissé entendre que M. Robert allait recevoir une offre d’indemnisation. Des torts financiers, psychologiques et à la réputation ont été faits et l’agronome devra être dédommagé, a affirmé la députée libérale Marie Montpetit.

«Le gouvernement a une responsabilité, nie sa responsabilité, présente des excuses avec un seul objectif, qu’on oublie la situation. On ne l’oubliera pas», a assuré M. Barrette.  

Patrice Bergeron, La Presse canadienne