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Les icebergs attirent un nombre croissant de touristes à Terre-Neuve

Les icebergs attirent un nombre croissant de touristes à Terre-Neuve
Photo: Paul Daly/La Presse canadienneIceberg dans la baie de Bonavista à Terre-Neuve

TRINITY, T.-N.-L. — La population de la province de Terre-Neuve-et-Labrador sait que le printemps avance lorsque d’immenses icebergs dérivent le long de ses côtes.

Après s’être séparés des glaciers du Groenland, ces monceaux de glace, parfois vieux de 10 000 ans, à l’allure accrocheuse, pourraient bien disparaître complètement dans un avenir plus ou moins rapproché.

Pour de nombreux résidants et de nombreux touristes, ce phénomène est un rappel visuel saisissant des changements climatiques et de la fonte rapide des glaciers.

Bob Bartlett, un organisateur de voyage de la province, dit avoir remarqué une augmentation du tourisme au cours des dernières années, comme si les gens se dépêchaient de venir admirer de près ces géants glaciaires avant qu’il ne soit trop tard.

Doug Leonard, du Service météorologique du Canada, explique que le nombre d’icebergs qui dérivent près de Terre-Neuve-et-Labrador dépend de plusieurs facteurs indépendamment des changements climatiques, comme la configuration des vents, par exemple. Mais le nombre roissant de vêlages — c’est le nom du phénomène au cours duquel un bloc massif se détache d’un glacier pour former un iceberg — est lié au réchauffement climatique.

Au 11 juin, 1494 icebergs s’étaient dirigés vers le sud sur des voies de navigation transatlantiques au sud de 48 degrés nord, contre une moyenne annuelle de 713.

Le phénomène attire même des touristes qui veulent échapper à la chaleur.

Jim et Laura East, qui demeurent au sud de Daytona Beach, en Floride, affirment avoir choisi un endroit froid pour leurs vacances.

«La seule glace que nous voyons est celle que nous plaçons nos breuvages», lance Jim.

M. Bartlett raconte qu’au cours de ses visites guidées, les gens sourient à la vue d’un iceberg, mais les discussions tournent naturellement vers l’élévation du niveau de la mer et de la durée de vie impressionnante de ces blocs de glace dont l’existence est menacée.

«Dès qu’un iceberg disparaît, la recherche pour découvrir le prochain commence, mentionne-t-il.

Il reconnaît que la vue d’un iceberg a un aspect mélancolique.

«On admire un gigantesque iceberg qui en est à ses derniers stades avant de disparaître. C’est donc un moment un peu triste, aussi.»

Holly McKenzie-Sutter, La Presse canadienne