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La prévention, élément clé de la stratégie fédérale contre la démence

La prévention, élément clé de la stratégie fédérale contre la démence
Photo: La Presse canadienneLa ministre Ginette Petitpas Taylor

OTTAWA — La philosophie de base de la stratégie tant attendue du gouvernement fédéral pour faire face à la démence est simple: prévenir en amont le développement de la maladie chez les Canadiens.

La ministre de la Santé, Ginette Petitpas Taylor, qui a dévoilé la stratégie lundi lors d’un événement à Toronto, a souligné qu’elle avait une compréhension intime de la difficulté liée à l’accompagnement d’un proche vivant un déclin cognitif.

En entrevue, Mme Petitpas Taylor a affirmé que l’enjeu lui «tenait certainement à coeur» puisque sa mère est atteinte de démence.

Le plan gouvernemental relatif à la démence, qui est principalement axé sur la prévention, l’amélioration des traitements et l’aide aux patients et aux aidants naturels, prévoit 50 millions $ sur cinq ans pour appuyer la stratégie annoncée dans le budget fédéral plus tôt cette année.

Il définit la démence comme un ensemble de symptômes affectant le cerveau, notamment un déclin des capacités cognitives telles que la mémoire, le langage, les compétences de base en mathématiques, le jugement et la planification. L’humeur et le comportement peuvent également être touchés, note le document.

Selon le rapport, plus de 419 000 personnes âgées du Canada ont reçu un diagnostic de démence et comptent sur une moyenne de 26 heures d’aide par semaine de la part de parents et d’amis. Quelque 78 600 nouveaux cas de démence sont diagnostiqués chaque année chez les personnes âgées de 65 ans et plus, dont 63 pour cent de femmes.

À son rythme actuel, la démence coûtera aux aidants naturels et au système de santé 16,6 milliards $ par an d’ici 2031.

«Puisque ce nombre ne comprend pas les personnes de moins de 65 ans pouvant avoir reçu un diagnostic de démence précoce ni celles qui n’ont pas reçu de diagnostic, le tableau exact de la démence au Canada pourrait être plus vaste», indique le rapport.

«Bien que la démence n’aille pas nécessairement de pair avec le vieillissement, l’âge est le facteur de risque le plus important. Par conséquent, compte tenu de la croissance et du vieillissement de la population, le nombre de Canadiens atteints de démence devrait augmenter au cours des prochaines décennies», ajoute-t-on.

Les Canadiens peuvent mettre les chances de leur côté en faisant plus d’exercice, en adoptant des habitudes alimentaires plus saines et en évitant le tabac, tous des éléments pouvant réduire le risque d’accident vasculaire cérébral, une cause fréquente de démence.

«Il existe de plus en plus de preuves scientifiques convaincantes selon lesquelles une vie saine dès le plus jeune âge peut prévenir ou retarder l’apparition de la démence», explique le rapport.

Mme Petitpas Taylor a également annoncé un investissement de 46 millions $ sur cinq ans pour la deuxième phase du Consortium canadien en neurodégénérescence associée au vieillissement (CCNV), un centre de recherche sur la démence créé en 2014.

Le gouvernement fédéral prévoit verser 31,6 millions $ par l’intermédiaire des Instituts de recherche en santé du Canada, auxquels s’ajoutent 14,4 millions $ fournis par des partenaires, dont la Société Alzheimer.

La présidente-directrice générale de la Société Alzheimer du Canada, Pauline Tardif, a envoyé un courriel lundi pour exhorter ses partisans à maintenir la pression sur le gouvernement lors de la campagne électorale de cet automne, afin que la démence reste «la première des préoccupations de nos politiciens».

Kristy Kirkup, La Presse canadienne