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Un nouvel outil examine les médias ethniques et leurs effets sur le vote

Un nouvel outil examine les médias ethniques et leurs effets sur le vote
Photo: La Presse canadienne

OTTAWA — Un nouvel outil lancé mardi pourrait aider les électeurs à comprendre quelles questions politiques ont une résonnance dans les médias ethniques et quel effet cela pourrait avoir sur le vote lors des élections fédérales de l’automne.

Andrew Griffith, ancien directeur général du ministère de l’Immigration, s’est associé à Mirems, une firme qui surveille et traduit les reportages de plus de 800 médias ethniques, afin de créer Diversityvotes.ca.

Le site web contient des statistiques complètes sur les communautés minoritaires du Canada et les présente avec des articles provenant de médias ethniques.

M. Griffith a expliqué que les données fourniraient un contexte permettant de déterminer qui consomme des reportages multilingues dans n’importe quelle circonscription et de quantifier la manière dont leurs opinions pourraient influencer les différentes courses électorales.

«L’un des objectifs clés est vraiment de sortir les communautés de leurs silos et de faire sortir les politiciens de leur approche en silos en uniformisant les règles du jeu», a indiqué M. Griffith.

«(Cela) assurera une plus grande transparence sur ce qui se passe au sein d’une communauté par rapport à une autre, sur la diversité au sein de la communauté et sur ce type d’enjeux, afin d’aider à autonomiser le processus et à assurer une plus grande participation et une plus grande sensibilisation.»

L’outil en ligne devrait également mettre en lumière l’interaction des campagnes avec différentes communautés ethniques. Il pourrait, par exemple, offrir une plus grande transparence en ce qui a trait aux politiciens ou aux partis qui présentent leurs messages différemment selon les groupes minoritaires dans l’espoir de remporter des votes à l’élection d’octobre.

L’exemple de Burnaby-Sud

Ce type de ciblage était devenu un problème à l’approche de l’élection partielle dans Burnaby-Sud, plus tôt cette année, après que la candidate libérale dans la circonscription, Karen Wang, eut publié sur la plateforme de médias sociaux chinoise WeChat qu’elle était la «seule» candidate chinoise alors que le chef du NDP Jagmeet Singh — son adversaire — était «d’origine indienne».

Mme Wang avait démissionné en tant que candidate et avait présenté des excuses, démentant toute intention raciste.

Andres Machalski, président de Mirems, a déclaré qu’il espérait que la nouvelle initiative exposerait non seulement des gaffes politiques telles que celle de Burnaby-Sud, mais donnerait plus largement aux nouveaux arrivants et aux personnes nées au pays une meilleure idée de ce qui est discuté entre différents groupes ethniques.

«C’est une prise de conscience de la diversité», a-t-il déclaré.

Il y a 41 circonscriptions où les minorités visibles constituent la majorité de la population votante, et 93 autres où les minorités représentent entre 20 et 50 pour cent des électeurs, a noté M. Griffith. Les questions qui les intéressent et la manière dont ils réagissent aux annonces politiques dans la campagne feront une différence dans ces circonscriptions ou dans celles où la course est serrée, a-t-il déclaré.

«Vous ne gagnerez pas un gouvernement majoritaire à moins de bénéficier d’un soutien solide dans les circonscriptions riches en immigrants ou riches en minorités visibles. C’est tout simplement impossible.»

L’outil est gratuit, mais M. Machalski a précisé que les utilisateurs pouvaient faire un don au projet sur le site web.

Teresa Wright, La Presse canadienne