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Près d’une centaine de ménages toujours sans logement à Montréal

Près d’une centaine de ménages toujours sans logement à Montréal
Photo: Messager Lachine & Dorval – Archives

MONTRÉAL — Près d’une centaine de ménages seraient toujours à la recherche d’un logement en ce jour de déménagement à Montréal. Parmi ceux-ci, 25 ménages bénéficient d’un service d’hébergement d’urgence offert par la métropole.

Selon le conseiller municipal Craig Sauvé, responsable du dossier de l’habitation au conseil exécutif, 94 ménages étaient accompagnés par l’Office municipal d’habitation (OMHM), en fin de soirée dimanche, afin de les aider à dénicher un logement. 

Lundi matin, toutes les ressources de l’OMHM étaient déployées pour trouver un toit à ces personnes. En fin de journée, le directeur des communications de l’OMHM, Mathieu Vachon, a précisé que 25 ménages bénéficient d’un service d’hébergement d’urgence.

Les autres, jugés plus autonomes, devraient trouver temporairement refuge chez des proches.

Pour héberger les gens sans ressources, Montréal a réservé des chambres et s’est entendu avec certains arrondissements pour entreposer les biens de ces citoyens. Selon des informations obtenues par La Presse canadienne, ce sont des résidences universitaires qui auraient été retenues par la métropole pour l’hébergement d’urgence.

Une information que n’a pas voulu confirmer le conseiller municipal Craig Sauvé.

«On ne veut pas identifier le lieu pour ne pas que des gens se présentent-là, mais il ne s’agit pas d’un centre communautaire avec des lits dans un gymnase, ce sont des chambres fermées», a-t-il répondu.

Programme de soutien au loyer

La Ville de Montréal confirme avoir obtenu 30 des 85 unités d’urgence du Programme de soutien au loyer (PSL) annoncées la semaine dernière par la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest.

Plus précisément, la ministre a débloqué 75 nouvelles unités d’urgence et la Société d’habitation du Québec disposait déjà de dix unités.

Concernant l’attribution des unités du PSL, Craig Sauvé explique que la trentaine de ménages qui vont bénéficier du programme sera désignée et informée par l’Office municipal d’habitation de Montréal (OMHM).

En raison de l’urgence de la situation et du peu de temps dont disposent ces ménages pour trouver un nouvel appartement, le processus administratif sera complété seulement après leur déménagement, a expliqué l’élu de l’arrondissement Sud-Ouest.

«On va s’assurer que les gens aient un logement et on fera la paperasse après», a déclaré M. Sauvé.

Le PSL permet à des locataires de louer un logement dont le prix est trop élevé pour leur budget. Ceux-ci versent un montant représentant 25 pour cent de leur revenu et le programme couvre la différence auprès du propriétaire.

Ce ne sont pas forcément les ménages identifiés comme «à risque élevé» qui vont obtenir les places du PSL d’urgence. «Ce n’est pas nécessairement le bon outil pour chaque personne, ça dépend de chaque cas. On a aussi des logements à l’OMH ou du logement communautaire», mentionne-t-il.

Par communiqué, la ministre Andrée Laforest a fait savoir lundi après-midi que quatre unités de PSL d’urgence avaient été utilisées à Sherbrooke et que cinq autres dossiers étaient analysés. Six dossiers doivent également être étudiés à Laval.

Aide tardive

Le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) suit de près l’évolution de cette nouvelle crise du logement au Québec.

Sa porte-parole, Véronique Laflamme, déplore l’aide tardive qui aurait pu être annoncée bien plus tôt et éviter beaucoup d’inquiétudes à des familles qui craignent depuis des mois de se retrouver à la rue.

Le FRAPRU soutient avoir averti le gouvernement de la crise prévisible dès les consultations sur le budget provincial. Malgré tout, ce n’est qu’à quelques jours de la fin des baux que Québec a confirmé l’ajout de 85 places au PSL d’urgence.

Québec a également promis d’aider financièrement les municipalités qui doivent fournir de l’hébergement temporaire ainsi que celles qui doivent déployer du personnel d’accompagnement.

Les villes de Gatineau, Montréal, Laval, Longueuil, Sherbrooke et Drummondville sont les endroits où les taux d’inoccupation sont actuellement très bas.

Ugo Giguère, La Presse canadienne