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Savoura: dernière fin de semaine de recherches aériennes pour les militaires

Savoura: dernière fin de semaine de recherches aériennes pour les militaires
Photo: Graham Hughes/Archives La Presse canadienneStéphane Roy

MONTRÉAL — Les Forces armées canadiennes vont progressivement réduire leurs opérations de recherches aériennes visant à retrouver l’hélicoptère à bord duquel l’entrepreneur Stéphane Roy, connu pour avoir créé la bannière Savoura, et son fils se trouvaient au moment de leur disparition, le 10 juillet.

Dans un communiqué de presse publié samedi matin, la Défense nationale confirme avoir «dû prendre la difficile décision de réduire les efforts de recherche» à compter de la fin de la journée.

En entrevue téléphonique, le major Christian Labbé, commandant de la force aérienne déployée à Mirabel, explique que les effectifs seront graduellement réduits à partir de samedi soir jusqu’à un retrait complet de l’armée dimanche soir.

«Il faut comprendre que c’est un effort de recherche extrêmement difficile parce qu’il n’y avait aucun plan de vol pour l’appareil R44, on n’a détecté aucun signal de balises de détresse, peu de données sont disponibles sur la zone de recherche, peu d’observations fiables ont été rapportées et la zone est très difficile d’accès», a décrit le major Labbé.

Il reste tout de même encore deux jours où les militaires vont survoler intensivement la zone réduite ciblée grâce à la famille et aux données cellulaires recueillies par la Sûreté du Québec.

Le major Labbé a précisé que l’avion Hercules ne volera plus puisque celui-ci n’a «pas espoir qu’un avion à haute altitude va aider à la recherche». Puis, dimanche, ce sera au tour des hélicoptères de retourner à leur base principale, a indiqué le commandant responsable des opérations.

«Notre zone de haute probabilité est de 400 kilomètres carrés, ça peut sembler petit du point de vue aérien, mais au sol c’est extrêmement difficile surtout en raison de la nature du terrain», observe le major dont les effectifs vont passer de 90 à 50 militaires pour la dernière fin de semaine.

Malgré ce départ de l’Aviation royale canadienne (ARC), la Sûreté du Québec poursuit son enquête de personnes disparues, assure le sergent Daniel Thibodeau qui précise que le dossier va demeurer ouvert tant que les individus ne seront pas retrouvés.

L’hélicoptère de la SQ va continuer de survoler le secteur au cours de la fin de semaine, puis des équipes de recherche terrestre et nautique pourraient être également déployées dans le cas où il y aurait découverte de nouveaux éléments.

L’ARC n’écarte pas non plus la possibilité de revenir prêter main-forte aux équipes de recherche si de nouvelles pistes sont trouvées. Le commandant de la force aérienne temporaire tenait également à remercier chaleureusement la famille des personnes disparues ainsi que les bénévoles et les policiers de la Sûreté du Québec pour le travail accompli sur le terrain.

20 000 kilomètres carrés

Les recherches pour retrouver l’hélicoptère R44 piloté par le président fondateur des Serres Sagami Inc., Stéphane Roy, et son fils Justin, âgé de 14 ans, ont nécessité le survol de 20 000 kilomètres carrés de territoire densément boisé dans les Hautes-Laurentides.

Le territoire des fouilles s’étend du Lac-De la Bidière à Sainte-Sophie. Des moyens de «recherches majeures» ont été accordés au commandant Christian Labbé pour sa mission, ce qui lui a permis de miser sur des appareils de la 8e Escadre Trenton, en Ontario, et de la 3e Escadre Bagotville, au Québec.

Deux avions CC-130H Hercules et trois hélicoptères CH-146 Griffon ont d’abord patrouillé le ciel avec un hélicoptère de la Sûreté du Québec, un hélicoptère de la Garde côtière canadienne et trois avions de l’Association civile de recherche et de sauvetage aériens et de Sauvetage et recherche aériens du Québec.

Ensuite, un hélicoptère CH-149 Cormorant et un aéronef de patrouille à long rayon d’action CP140 Aurora de la 14e Escadre Greenwood, en Nouvelle-Écosse, sont venus augmenter les effectifs. Les recherches ont été menées jour et nuit, mais sans succès.

Ugo Giguère, La Presse canadienne