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Les demandes de sauveteurs accrédités lors de fêtes familiales sont en hausse

Les demandes de sauveteurs accrédités lors de fêtes familiales sont en hausse
Photo: THE CANADIAN PRESS/Fred Thornhill

MONTRÉAL — À l’heure où le bilan des noyades ne cesse de s’alourdir au Québec, des entreprises observent une hausse de la demande pour la surveillance des piscines résidentielles par des sauveteurs accrédités lors de fêtes familiales.

À l’instar des cours de natation à domicile, la surveillance des piscines résidentielles par des sauveteurs accrédités semble gagner en popularité au Québec. Parmi les membres affiliés à la Société de sauvetage, les entreprises Aleau et Aquado offrent le service de sauveteur à domicile et elles ne sont pas les seules à le faire. Bien souvent, il s’agit d’un service complémentaire aux cours de natation à domicile.

Dans la grande région de Montréal, le cofondateur et président-directeur général d’Aquado, William Seminaro-Valois, reconnaît qu’il s’agit «d’un phénomène qui prend assurément de l’ampleur», particulièrement cet été.

«Normalement, on a plus d’une centaine de demandes par été et là on est presque rendu à 200 demandes, dit-il. Malheureusement, on n’est pas capable de combler toutes les demandes parce que nos sauveteurs sont tous pris les fins de semaine», dit-il en entrevue à La Presse canadienne.  

Il est difficile de savoir si les manchettes quant à la hausse du nombre de noyades sont en cause pour expliquer cette sensibilisation du public face à l’importance d’assurer une surveillance accrue autour de la piscine au moment de son utilisation.  

En date du 18 juillet, la Société de sauvetage recensait 35 noyades au Québec en 2019, comparativement à 32 à pareille date l’an dernier. Pour la plupart, les victimes sont des adultes qui ont perdu la vie sur les plans d’eau naturels.

Avec la Semaine nationale de prévention de la noyade qui prend son envol dimanche, ce sera l’occasion de revenir sur des notions de base, comme toujours avoir son enfant à portée de main et ne jamais nager seul.

Les familles québécoises semblent avoir bien compris le message, à en croire la faible proportion d’enfants au sein de ce triste bilan, qui pourrait encore augmenter au moment où des milliers de familles entament leur congé durant les vacances de la construction. 

Fêtes familiales et fêtes d’enfants

Si vous êtes parent, votre enfant a peut-être déjà reçu une invitation à un « party piscine » pour souligner la fête d’anniversaire d’un ami ou d’une amie. Pour certains, la carte d’invitation soulignait même la présence d’un sauveteur.

Toutefois, le pdg d’Aquado note une croissance de la demande auprès d’une clientèle adulte, surtout lors de fêtes familiales, même lors de baptêmes et de mariages. Il confirme que ce que les gens recherchent, c’est la quiétude d’esprit.

«Ils veulent quelqu’un de certifié et d’expérimenté afin qu’ils puissent profiter du moment, tout en assurant la sécurité de leurs nageurs par un professionnel», affirme M. Seminaro-Valois.

«Ils cherchent vraiment la sécurité avec quelqu’un qui garde les yeux en tout temps sur la piscine.»

Dans le cas de cette jeune entreprise, qui a pris beaucoup d’expansion depuis sa fondation il y a quatre ans pour couvrir également les territoires de Québec, Drummondville, Saint-Hyacinthe et Gatineau, les moniteurs et sauveteurs en profitent pour faire l’inspection de la piscine et des environs pour s’assurer que tout est conforme et sécuritaire. Parfois, des recommandations sont émises au propriétaire des lieux, par exemple concernant l’entreposage sécuritaire des produits chimiques pour la piscine.

« Au début, on prend une quinzaine de minutes pour évaluer la sécurité de la piscine avec le programme Baignade parfaite. Ensuite, on installe nos objets flottants. On évalue les capacités de chaque nageur afin de savoir s’ils ont besoin d’un objet flottant pour nager et ensuite on surveille la piscine pour la durée de l’événement», explique le pdg d’Aquado.

Avant le début des vacances de la construction, ils avaient procédé à 1200 évaluations, que ce soit lors de la première visite pour des cours de natation à domicile ou lors d’un événement. À titre de comparaison, ils en avaient fait 750 l’été dernier.

Qualité de l’eau

Du côté de Santé Canada, on souligne que les propriétaires de piscines résidentielles devraient aussi avoir en tête la qualité de leur eau de baignade, tout comme les propriétaires de spa, particulièrement en période de grande chaleur comme c’est le cas en fin de semaine avec un mercure qui dépassera les 40 degrés Celsius avec le facteur humidex.

Frédéric Bissonnette, directeur de la gestion de réévaluation à Santé Canada, note que plusieurs microorganismes indésirables peuvent rendre les gens malades et ne sont pas visibles à l’oeil nu.

«On ne le voit pas. C’est invisible. L’eau peut être très, très claire et être contaminée», souligne M. Bissonnette en entrevue.

Selon Santé Canada, se baigner dans une eau mal désinfectée peut donc causer des otites, des gastro-entérites et des éruptions cutanées.

Il est très important d’analyser l’eau de la piscine ou du spa quotidiennement ou du moins avant les journées de baignade.

«C’est vraiment important toutes les fois qu’on se baigne parce que s’il y a eu une très grosse pluie ou s’il fait beaucoup soleil et très chaud, le chlore et le brome ont tendance à disparaître plus rapidement.»

Vérifier la quantité de chlore, les niveaux de PH et d’alcalinité…tout cela peut sembler compliqué, mais c’est assez simple assure l’expert de Santé Canada.

«C’est tout simplement une petite trousse d’analyse avec des gouttes qu’on rajoute. Il se vend aussi de petits bâtonnets qui sont encore plus simples à utiliser et avec lesquelles on peut vérifier plusieurs paramètres de l’eau, dont le chlore, le PH et certains permettent de vérifier l’alcalinité.»

Mais il n’y a pas que Dame nature qui peut entraîner une eau mal désinfectée.

«Le chlore peut disparaître rapidement lorsqu’il y a une journée ensoleillée (…), mais lorsqu’on est malade, on ne va pas dans la piscine», rappelle tout simplement l’expert de Santé Canada.

Helen Moka, La Presse canadienne