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Québec lance le Parcours d’accompagnement personnalisé pour les immigrants

Québec lance le Parcours d’accompagnement personnalisé pour les immigrants
Photo: Jacques Boissinot/Archives La Presse canadienneLe ministre de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion,Simon Jolin-Barrette

MONTRÉAL — Québec déploie un autre volet de sa réforme du système d’immigration, en lançant son «parcours d’accompagnement personnalisé», auquel il consacrera 20 millions $ par année.

Cette annonce, faite jeudi par le ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion, Simon Jolin-Barrette, suit ses annonces des derniers mois touchant le système Arrima, qui permet de mieux arrimer l’immigration aux besoins du marché du travail, et la bonification des programmes de francisation.

Le parcours d’accompagnement personnalisé permettra de guider les candidats à l’immigration dès le tout début de la démarche, alors même qu’ils sont encore à l’étranger.

«Dès l’étranger, maintenant, il y a un agent d’aide à l’intégration qui va être attribué à chaque personne immigrante pour la suivre dans son parcours. On va les accompagner au niveau des démarches d’installation. On va faire en sorte qu’ils soient inscrits aux cours de francisation, qu’ils soient orientés, qu’ils soient évalués au niveau de leur français pour qu’ils soient bien classés dans les classes», a expliqué le ministre, en entrevue.

«Par la suite on va les diriger vers les emplois disponibles et on va surtout assurer un suivi en termes de francisation, d’intégration, d’employabilité, durant tout le parcours de la personne», a-t-il résumé. Et le tout sera personnalisé.

Rencontre en 5 jours

Ambitieux, le ministre Jolin-Barrette s’est même donné l’objectif d’accorder un premier rendez-vous en personne avec un agent d’aide à l’intégration «dans les cinq premiers jours ouvrables» suivant l’arrivée au Québec.

À l’heure actuelle, les personnes immigrantes qui arrivent à l’aéroport reçoivent seulement une pochette d’information. Et seulement un immigrant sur deux est rencontré au bureau du ministère de l’Immigration à l’aéroport, rapporte le ministre.

Finalement, les personnes immigrantes seront invitées à suivre la session Objectif intégration. Celle-ci doit permettre de se familiariser avec la réalité socioculturelle du Québec et les caractéristiques du marché du travail. La personne qui complète la session touchera une allocation de 185 $. 

«C’est vraiment une approche qui permet de donner les clefs du succès pour l’intégration pour la connaissance de la société québécoise, pour que la personne ait tous les outils en main, qu’elle ne soit pas perdue», a illustré le ministre Jolin-Barrette.

Pour déployer le système, Québec embauchera 78 agents d’aide à l’intégration — un poste nouvellement créé. Ils seront chargés d’évaluer les besoins de la personne immigrante, d’élaborer un plan individualisé, d’orienter la personne vers les ressources appropriées et d’assurer le suivi. À terme, il y aura 84 intervenants.

Employeurs contents

Cette partie de la réforme du système d’immigration a été applaudie par les associations d’employeurs, comme cela avait été le cas pour le système Arrima et pour la bonification des programmes de francisation.

Le groupe Manufacturiers et exportateurs du Québec a salué le Parcours d’accompagnement personnalisé, souhaitant qu’il «favorise l’intégration des travailleurs immigrants et que ces derniers soient bien informés des opportunités qui existent dans le secteur manufacturier, particulièrement en région, et du processus de reconnaissance des acquis. S’ils sont bien préparés pour le marché du travail, ils pourront s’intégrer et progresser plus rapidement. Cette une approche gagnante pour les travailleurs et pour les employeurs», a commenté la présidente-directrice générale, Véronique Proulx.

La Fédération des chambres de commerce du Québec a abondé dans le même sens. «L’accompagnement personnalisé permettra d’assurer un suivi rigoureux de l’évolution de la personne immigrante et ajustera, au besoin, le plan d’action, afin d’offrir un service adapté aux besoins de chaque candidat, ce qui est une mesure bénéfique qui viendra assurer leur entrée rapide sur le marché québécois», s’est réjoui son président, Stéphane Forget.

Lia Lévesque, La Presse canadienne