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Projet de loi 25: le président de la mosquée de Québec préoccupé

Projet de loi 25: le président de la mosquée de Québec préoccupé
Photo: Jacques Boissinot/La Presse canadienneBoufeldja Benabdallah

QUÉBEC — Le président du Centre culturel islamique de Québec assistera mardi à l’étude du projet de loi 25, qui vise à simplifier l’immatriculation des armes à feu.

Boufeldja Benabdallah — qui a vu six de ses compatriotes tomber sous les balles d’Alexandre Bissonnette en 2017 — veut s’assurer que toutes les armes à feu au Québec soient enregistrées.

Il souhaite aussi voir le gouvernement insérer dans son processus la vérification des antécédents de troubles de santé mentale.

Le projet de loi 25 a été déposé en mai dernier par la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, après qu’elle eut constaté qu’environ 400 000 armes avaient été inscrites au registre québécois, sur un total estimé à 1,6 million dans la province.

Le gouvernement propose entre autres d’éliminer l’obligation de fournir la longueur du canon de l’arme au moment de l’enregistrement. Dorénavant, seul son numéro de série sera requis pour l’enregistrer.

Il donnerait aussi aux agents de protection de la faune le pouvoir d’ordonner au propriétaire d’une arme à feu non immatriculée d’y remédier dans les sept jours, à défaut de quoi il sera passible d’une amende pouvant aller jusqu’à 5000 $.

Pour M. Benabdallah, il est important d’adopter la loi rapidement et se donner les moyens de l’appliquer. Il ne présentera pas de mémoire à l’Assemblée nationale, mais sera sur place pour suivre les travaux.

«Je pense qu’il y en a encore qui s’opposent, qui ne veulent pas, a-t-il déploré en entrevue téléphonique, vendredi. Il faut que le gouvernement signifie à ces récalcitrants qu’il applique la loi et qu’il pénalise.

«C’est pour le bien de la société qu’il faut que toutes ces armes soient enregistrées, numérotées, soient connues chez qui, comment elles se déplacent, etc. pour protéger notre société. On a perdu six des nôtres, de notre communauté, on ne veut pas en perdre d’autres.»

Par ailleurs, selon M. Benabdallah, vérifier le dossier santé de la personne qui veut se procurer une arme à feu «tombe dans le bon sens».

«Ce n’est pas comme une chemise qu’on va acheter chez La Baie, a-t-il affirmé. Il faut qu’on sache si vraiment il n’a pas des bricoles de santé qui risquent de lui nuire après, puis qu’il fasse un geste malencontreux. Ça le protège lui-même.»

Jusqu’à présent, le gouvernement ne s’est pas engagé dans cette voie.

Le 29 janvier 2017, Alexandre Bissonnette a fait irruption dans la grande mosquée de Québec et a ouvert le feu, tuant six hommes et en blessant plusieurs autres.

Au moment de lui infliger une peine d’au moins 40 ans de prison, le tribunal a rappelé l’omniprésence de problèmes de santé mentale chez le jeune homme de 29 ans: troubles anxieux, symptômes de panique et dépression.

Les consultations publiques sur le projet de loi 25 s’ouvrent mardi. Les députés entendront le Comité conjoint de chasse, de pêche et de piégeage, la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs, la Fédération des pourvoiries du Québec, PolySeSouvient, le Syndicat des agents de protection de la faune du Québec, la Coalition pour le contrôle des armes et le Grand Conseil des cris.

Caroline Plante, La Presse canadienne