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Les jeunes caquistes rejettent un plan pour s’affranchir de la péréquation

Les jeunes caquistes rejettent un plan pour s’affranchir de la péréquation
Photo: Facebook/Commission Relève - Coalition Avenir Québec (CRCAQ)Le président de la Commission de la relève de la Coalition avenir Québec, Kevin Paquette.

SHERBROOKE, Qc — Les jeunes caquistes ont rejeté samedi l’idée d’un plan pour que le Québec s’affranchisse de la péréquation.

Le premier ministre François Legault a pourtant souvent martelé l’importance pour le Québec de se débarrasser des paiements de péréquation.

Quand il était dans l’opposition, M. Legault a même déjà reproché à son prédécesseur libéral Philippe Couillard de ne pas avoir de plan pour que le Québec se libère de sa dépendance à ce programme fédéral. Toutefois, au printemps, M. Legault avait décrit la péréquation comme le principal attrait de la fédération canadienne.

Réunie en congrès samedi à l’Université Bishop’s à Sherbrooke, l’aile jeunesse de la CAQ (CRCAQ) a voté en grande majorité contre une proposition recommandant au gouvernement d’établir un plan pour s’affranchir de la péréquation.

Toutefois, en mêlée de presse en après-midi, le président sortant de la CRCAQ, Kevin Paquette, a tenu à nuancer le sens de ce vote.

«On est d’accord avec l’objectif péréquation zéro du gouvernement, c’est au niveau du moyen (sic), on souhaite davantage un plan pour créer de la richesse au Québec et non pas juste atteindre l’objectif de péréquation zéro», a-t-il déclaré.

Au cours du débat, une des militantes contre la proposition a dit que c’était «une prétendue dépendance financière du Québec» et que cela ne faisait que colporter l’argument albertain voulant que «le Québec [soit] l’assisté social du Canada».

Les militants opposés à la proposition ont fait valoir que le Québec a droit à ces versements en vertu du calcul actuel et que le Canada en contrepartie a fait le choix d’investir massivement dans les sables bitumineux, sans jamais par exemple contribuer au financement des barrages hydro-électriques du Québec.

Ceux qui étaient en faveur de l’idée d’un plan de sortie de la dépendance à la péréquation avaient d’autres arguments, notamment concernant le rapport de forces du Québec avec Ottawa.

«Ça donne souvent un argument au Canada pour nous dire quand on fait des demandes: ‘fermez-vous, parce que vous recevez 13 milliards $.’»

Le Québec a reçu 13,1 milliards $ en péréquation du gouvernement fédéral en 2019, ce qui constitue 11 pour cent des revenus de l’État québécois, soulignait la proposition.

Ce même samedi, le premier ministre de l’Alberta, Jason Kenney, a diffusé par Twitter un message où il menace de tenir un référendum sur la péréquation en octobre 2021, parce qu’il estime que sa province est désavantagée et contribue trop à la péréquation.

Le programme fédéral de péréquation vise à permettre à toutes les provinces d’offrir des services de qualité équivalente, sans égard à leur richesse. En vertu de la formule de calcul, certaines provinces plus riches, comme l’Alberta et la Saskatchewan, contribuent au programme, tandis que d’autres, comme le Québec et les provinces de l’Atlantique, sont bénéficiaires.

Patrice Bergeron, La Presse canadienne