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Les chefs de partis ne montrent aucun empressement à rapatrier «Jihadi Jack»

Les chefs de partis ne montrent aucun empressement à rapatrier «Jihadi Jack»
Photo: Michael Bell/La Presse canadienneLe chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, croit que Jack Letts doit rester détenu en Syrie.

OTTAWA — Le sort de «Jihadi Jack», un Canadien détenu en Syrie, ne semble pas beaucoup émouvoir les leaders des partis à Ottawa.

Londres a récemment annoncé avoir révoqué la citoyenneté de Jack Letts, un Canado-Britannique incarcéré dans une prison kurde que les médias britanniques ont surnommé «Jihadi Jack».

John Letts, le père de Jack, a indiqué que son fils, qui détient toujours la citoyenneté canadienne, s’était rendu en Syrie parce qu’il voulait participer à la création d’un État musulman pacifique et qu’il n’avait jamais été impliqué dans des actes de violence perpétrés par Daech (le groupe armé État islamique).

M. Letts affirme que les Kurdes ont exprimé l’année dernière leur volonté de livrer son fils aux autorités canadiennes. Il ajoute qu’Affaires mondiales Canada a dit à sa famille pendant des mois que le gouvernement faisait tout son possible pour obtenir la libération de Jack, mais que le ministère avait finalement déterminé que c’était trop dangereux.

Le chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, croit que Jack Letts doit rester détenu en Syrie.

«Il est en prison maintenant, là où il devrait être», a écrit M. Scheer sur Twitter, lundi. «Je ne tenterai jamais de le rapatrier au Canada. Je ne comprends pas pourquoi Justin Trudeau a déployé tant d’efforts pour le rapatrier.»

Lorsqu’il s’est fait demander lundi s’il accepterait que Jack Letts revienne au pays, le premier ministre s’est contenté de rappeler que le fait de se rendre à l’étranger pour soutenir le terrorisme est un crime. Il a affirmé que le Canada prendrait tous les moyens nécessaires pour traduire en justice tout Canadien impliqué dans le terrorisme ou l’extrémisme violent.

Le gouvernement canadien s’est dit déçu dimanche que le Royaume-Uni ait décidé de «se décharger de ses responsabilités» en retirant à Jack Letts sa citoyenneté britannique.

«Le terrorisme ne connaît pas de frontières — les pays doivent donc travailler ensemble pour assurer leur sécurité mutuelle», a affirmé le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, dans un communiqué.

Le ministre a souligné que le Canada n’avait pas l’obligation de rapatrier les Canadiens détenus à l’étranger.

«Le gouvernement est conscient que des citoyens canadiens sont actuellement détenus en Syrie. Il n’y a aucune obligation légale de faciliter leur retour. Nous n’exposerons pas nos agents consulaires à des risques excessifs dans cette partie dangereuse du monde.»

Selon le plus récent rapport fédéral annuel sur l’extrémisme, quelque 190 personnes ayant des liens avec le Canada sont soupçonnées d’être impliquées dans des activités terroristes à l’étranger, et environ 60 autres personnes sont revenues au pays après avoir mené de telles activités.

La Presse canadienne