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Ottawa: la chauffeuse de l’autobus est accusée

Ottawa: la chauffeuse de l’autobus est accusée
Photo: (Photo: Patrick Deschamps)Autobus

OTTAWA — La police d’Ottawa a décidé de porter des dizaines d’accusations contre la conductrice d’un autobus de la ville, 224 jours après l’accident qui a coûté la vie à trois personnes et en a blessé 35 autres en janvier.

Aissatou Diallo, 42 ans, fait face à trois chefs d’accusation de conduite dangereuse causant la mort et à 35 chefs d’accusation de conduite dangereuse causant des lésions corporelles, a confirmé en conférence de presse le chef de police par intérim Steve Bell.

La femme avait d’abord été arrêtée et interrogée, après le drame survenu dans une station de transit située dans l’ouest de la ville, puis relâchée sans inculpation.

Selon la police, la femme de 42 ans s’est rendue vendredi matin et a été libérée sur promesse de comparaître devant un tribunal le 17 septembre.

«Nous avons déterminé, en collaboration avec le Bureau du procureur de la Couronne, que les agissements de la chauffeuse, ce jour-là, correspondaient au seuil nécessaire pour déposer des accusations criminelles», a commenté Steve Bell.

Il n’a pas voulu préciser les raisons pour lesquelles le comportement de la chauffeuse méritait des chefs d’accusation, soutenant que ces explications seraient présentées au tribunal lors du procès.

L’autobus à impériale empruntait une voie express reliant le centre-ville à la banlieue ouest de Kanata quand il s’est écrasé contre le toit d’un abri de la station Westboro, coupant le côté droit de son pont supérieur et écrasant plusieurs sièges.

Bruce Thomlinson, Judy Booth et Anja Van Beek, tous des fonctionnaires fédéraux, sont décédés des suites de l’accident qui s’est produit vers 15h50, en tout début de l’heure de pointe du vendredi dans la capitale nationale.

Policiers, pompiers et ambulanciers ont été dépêchés sur les lieux et sont demeurés sur place pendant des heures pour venir en aide aux victimes dans ce que le chef de police a qualifié de «situation tragique, complexe et difficile survenue lors de ce qui était possiblement la soirée la plus froide de l’année».

Plus tôt cet été, des proches des victimes ont dénoncé l’absence de réponses à leurs questions concernant les circonstances de l’accident. Les familles se plaignent du mutisme des autorités municipales et policières.

Vendredi, Steve Bell a indiqué que l’enquête était «très complexe» et que celle-ci était rendue encore plus difficile par l’aspect chaotique de la scène ainsi que la température glaciale ressentie ce jour-là. Le mercure affichait environ -15 degrés Celsius au moment de l’accident et a chuté sous les -20 degrés au cours de la nuit.

Au moment de l’accident, la police avait rapporté que l’autobus pouvant accueillir 90 passagers était presque rempli et que 23 personnes avaient subi des blessures. Éventuellement, l’enquête a permis de déterminer que 35 personnes avaient subi des blessures suffisamment graves pour répondre à la définition d’une accusation criminelle pour avoir causé des lésions corporelles.

Cette définition inclut toute blessure physique qui nuit à la santé ou au confort pour une période prolongée, comme une fracture ou une commotion cérébrale.

Plusieurs passagers ont dû subir des amputations et d’autres ont de longues années de réadaptation devant eux en raison de graves blessures aux jambes.

Par communiqué, le maire d’Ottawa Jim Watson a décrit l’accident comme «un traumatisme» pour sa ville. Il a dit offrir ses pensées aux familles des citoyens ayant perdu la vie et à toutes les personnes blessées.

La Ville d’Ottawa est poursuivie pour plusieurs millions de dollars dans cette affaire, mais la police a conclu que la municipalité n’avait aucune responsabilité criminelle dans l’accident. Le chef Bell a précisé qu’aucune autre personne ne serait accusée à la Ville d’Ottawa ou au sein de l’organisme responsable du transport en commun OC Transpo.

Plus de 100 personnes ont été interrogées au cours de l’enquête menée en collaboration avec la Gendarmerie royale du Canada, la Police provinciale de l’Ontario et le Bureau de la sécurité des transports du Canada.

Mia Rabson, La Presse canadienne