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Ottawa prêt à imposer une loi pour restaurer le pont de Québec

Ottawa prêt à imposer une loi pour restaurer le pont de Québec
Photo: Getty Images/iStockphotoLe pont de Québec et le pont Pierre-Laporte

À la veille des élections, le gouvernement fédéral annonce son intention d’acquérir le pont de Québec afin de le restaurer «en temps opportun» et envisage même une voie légale pour ce faire.

«Le dossier du pont de Québec avance. Et aujourd’hui, on passe à la prochaine étape. Je dirais même aujourd’hui, (…) on prend les grands moyens pour y arriver», a déclaré le ministre fédéral de l’Infrastructure, François-Philippe Champagne, lors d’une conférence de presse à Québec, vendredi.

M. Champagne a confirmé la nomination d’un négociateur spécial pour tenter de trouver une voie de passage avec le propriétaire actuel du pont, le Canadien National (CN), et avec les autres parties prenantes.

Le gestionnaire Yvon Charest aura le mandat de rédiger un rapport qui sera remis au gouvernement au printemps 2020. Les options étudiées peuvent aller d’un transfert de propriété du pont avec indemnisation à une loi pour forcer le CN à restaurer le pont à court terme.

M. Charest, qui a pris sa retraite comme président et chef de la direction de l’Industrielle Alliance l’an dernier, avait déjà agi à titre de négociateur pour la Ville de Québec en 2010 dans le dossier de l’amphithéâtre, devenu le Centre Vidéotron.

Le maire de Québec, Régis Labeaume, lui a réitéré son appui le plus total. «Ce que tu décideras sera suivi par la communauté, n’en aie aucun doute», a-t-il affirmé.

M. Labeaume s’est aussi réjoui de voir que le processus «heureusement, ne s’éternisera pas». Il est prévu que M. Charest dépose son rapport dans les environs du budget fédéral l’an prochain.

Le gouvernement Trudeau avait promis en 2015 de régler le dossier de la peinture du pont de Québec. Quatre ans plus tard, le pont est encore rongé par la rouille.

M. Champagne a parlé d’un «dossier très complexe» et a fait valoir que son gouvernement a accompli plus de travail dans les neuf derniers mois que dans les 25 dernières années.

«Il est difficile de négocier quand le principal intéressé — c’est-à-dire le CN — ne veut pas vraiment s’asseoir à la table», a laissé tomber M. Labeaume.

«Nous avons toujours été ouverts à discuter de ce dossier avec le gouvernement fédéral et nous allons continuer de l’être», s’est défendu Alexandre Boulé, un porte-parole du CN, dans une déclaration écrite envoyée vendredi.

M. Boulé a réitéré que le CN «s’est toujours assuré de faire les investissements requis pour assurer la pérennité et l’intégrité structurelle du pont» et que la structure actuelle est «sécuritaire».

Le CN compte contacter M. Charest dans les prochains jours.

Il s’agit de la première fois de l’histoire que le fédéral envisage le transfert de la propriété du pont de Québec avec compensation parmi une série d’options.

Catherine Lévesque, La Presse canadienne