Les compressions que vit le milieu de l’éducation depuis plusieurs années au Québec affectent grandement la qualité des services offerts aux élèves.
C’est ce que constate la Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ), qui a lancé lundi une pétition pour demander à l’Assemblée nationale de faire de l’éducation une véritable priorité dans la province et de poser des gestes en conséquence.
Alors que débute la Semaine de la persévérance scolaire, la Coalition priorité éducation, mise sur pied par la FCPQ, tient à sensibiliser tous les parlementaires à la situation, qu’elle juge urgente.
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«Les impacts des compressions, on n’en peut plus, clame le président de la FCPQ, Gaétan Rioux. La ligne du tolérable est dépassée.»
La coalition affirme que toutes les compressions, qu’elle estime à plus de 500 M$ depuis trois ans, minent la qualité de l’environnement éducatif des élèves, en plus de nuire à la persévérance et à la réussite scolaires. Des programmes de persévérance scolaire pour inciter les décrocheurs à retourner à l’école ainsi que pour intervenir auprès des familles dont les enfants présentent des difficultés d’intégration ont notamment été abolis, déplore la FCPQ.
«Nos parents ont recensé beaucoup de répercussions négatives, ajoute M. Rioux. L’absence de transport scolaire pour les projets particuliers, l’augmentation des frais d’inscription au service de garde, la diminution du chauffage dans les écoles… Il y a même certaines bibliothèques où les livres restent dans des boîtes, parce que personne n’a le temps de les déballer après leur arrivée!»
Pour la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), partenaire de la coalition, l’état «lamentable» de nombreux établissements scolaires constitue en exemple concret du manque d’investissement en éducation. Le président de la FAE, Pierre St-Germain, cite entre autres les nombreux cas de moisissures à Montréal.
«Et les cas dont nous avons entendu parler, comme l’école Saint-Gérard ou l’école Berri, ne sont que la pointe de l’iceberg, croit-il. Il y a encore plusieurs écoles où la démonstration de la pollution de l’air n’a pas encore été faite, malgré que les enseignants se plaignent de maux de tête et de picotements dans les yeux.»
L’animateur et humoriste Boucar Diouf, porte-parole de la Coalition priorité éducation, s’est dit étonné de constater à plusieurs reprises l’état amoché de beaucoup d’écoles dans la grande région de Montréal, à l’époque où il était porte-parole de la Commission scolaire de Montréal (CSDM).
«Dans certaines écoles, je revenais d’Afrique… et j’avais l’impression d’être encore en Afrique! s’exclame-t-il. Pourtant, on est dans une société développée. Ce ne devrait pas être la tâche des parents d’amasser de l’argent pour retaper une école en piteux état.»
À deux semaines du début du fameux Sommet sur l’éducation supérieure, Pierre St-Germain croit qu’il faut d’abord s’assurer que les élèves puissent se rendre au cégep et à l’université, en réinvestissant dans l’éducation au primaire et au secondaire.
«Il faut d’abord solidifier la base, pour que le sommet s’épanouisse», a imagé Boucar Diouf.
Au moment de mettre sous presse, le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport n’était pas en mesure de répondre aux questions de Métro à ce sujet.
La pétition est disponible en ligne sur le site de la Coalition priorité éducation.
