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L’armée doit mieux connaître ses agresseurs sexuels pour prévenir les inconduites

L’armée doit mieux connaître ses agresseurs sexuels pour prévenir les inconduites
Photo: Jeff McIntosh/La Presse canadienneLes Forces armées canadiennes ont passé les quatre dernières années à jongler avec divers moyens d'éliminer les comportements inappropriés et les agressions sexuelles au sein des troupes.

OTTAWA — La directrice générale du Centre d’intervention sur l’inconduite sexuelle de la Défense nationale soutient que l’armée doit avoir accès à plus d’information au sujet des contrevenants à l’intérieur de ses rangs si elle veut véritablement éliminer ce type de comportements.

Denise Preston affirme vouloir mener l’initiative visant à combler ce grave manque d’information.

«Si nous voulons régler ce problème en profondeur, nous devons regarder tous les aspects du problème, a déclaré Mme Preston mardi. Et ceux qui commettent ces inconduites sont au coeur de la source du problème et de sa solution.»

Les Forces armées canadiennes ont passé les quatre dernières années à jongler avec divers moyens d’éliminer les comportements inappropriés et les agressions sexuelles au sein des troupes, notamment en créant de nouveaux services de soutien aux victimes et en promettant d’imposer des sanctions sévères aux agresseurs.

Malgré ces efforts, les agressions et le harcèlement ont toujours cours au grand dam des hauts gradés et des soldats, en raison du tort que cela cause à la réputation de l’armée et à son efficacité d’action.

Depuis 2014, les mesures prises par les Forces armées pour endiguer la crise suscitée par les nombreux cas d’agressions et d’inconduites sexuelles surviennent majoritairement en réaction aux gestes posés. Denise Preston souhaite que l’attention se porte davantage vers la prévention, notamment par des changements dans la culture militaire ainsi que par une meilleure compréhension des comportements déplacés.

«La grande majorité des gens qui baignent dans cette culture n’ont pas ce genre de comportement. Qu’est-ce qui pousse un petit nombre de gens à encourager, promouvoir, causer ou adopter ces comportements?», s’interroge-t-elle en entrevue avec La Presse canadienne.

Mme Preston précise que cela ne veut pas dire de ne plus s’intéresser aux victimes; elle souligne que le centre d’intervention fournit maintenant des ressources d’accompagnement.

Ces commentaires de la directrice générale coïncident avec la publication du plus récent rapport annuel du Centre d’intervention sur l’inconduite sexuelle, qui révèle que le nombre de personnes ayant communiqué avec l’organisme, pour obtenir du soutien ou des informations, a bondi de 20 pour cent l’an dernier pour atteindre 484 demandes.

La Presse canadienne