National
18:25 10 septembre 2019

Le PLQ doit exclure ses élus de l’ère Charest, selon Amir Khadir

Le PLQ doit exclure ses élus de l’ère Charest, selon Amir Khadir
Photo: Archives Métro Amir Khadir

QUÉBEC — Le Parti libéral du Québec (PLQ) doit profiter de son caucus de la rentrée, mercredi et jeudi, pour rompre une fois pour toutes avec son passé trouble et exclure ses députés qui étaient ministres du gouvernement Charest, a exigé l’ancien député de Québec solidaire (QS) Amir Khadir.

Le renouveau du PLQ est impossible s’il ne se dissocie pas de ses élus de l’ère de Jean Charest, de 2003 à 2012, a soutenu M. Khadir dans une entrevue téléphonique avec La Presse canadienne. La formation, déjà réduite à 29 élus depuis les élections de 2018, perdrait ainsi cinq sièges.

Député QS de 2008 à 2018, M. Khadir s’est toujours attaqué en des termes très durs aux libéraux. Le PLQ se réunit pour deux jours à Bromont afin de préparer la session parlementaire et selon l’ancien élu QS, c’est le moment pour les libéraux de reconnaître leurs fautes.

«Le geste qui m’apparaît le plus conséquent est de ne plus inclure sur les rangs des gens qui avaient des postes de responsabilité à l’époque Charest», a tranché M. Khadir.

Les libéraux, qui se remettent de la défaite électorale cinglante de 2018, doivent ainsi clairement se dissocier de leurs collègues anciens ministres qui devaient récolter 100 000 $ chacun pour la caisse du parti, a-t-il rappelé, en assurant que cette sortie n’est «pas beaucoup dans la partisanerie».

«Il y a eu constante depuis octobre dernier, qui est venue marquer le déclin inexorable du PLQ depuis les grands scandales du gouvernement Charest, a dit M. Khadir. Je vois mal comment ce parti peut renaître s’il n’y a pas admission sincère de ses responsabilités dans les dossiers de corruption dans le domaine de la construction, mais aussi dans d’autres domaines.»

Parmi les députés actuels qui sont d’anciens ministres de l’époque du gouvernement Charest, il y a le chef intérimaire, Pierre Arcand, la députée d’Acadie, Christine St-Pierre, la députée d’Anjou-Louis-Riel, Lise Thériault, la députée de Notre-Dame-de-Grâce, Kathleen Weil, et la députée de Laporte, Nicole Ménard.

M. Khadir reconnaît qu’une telle démarche d’aveu et d’exclusion serait «difficile» pour Pierre Arcand, en raison de sa position de chef intérimaire: «C’est un bonhomme honorable que j’aime bien, mais il faisait partie d’un système fautif et il n’a jamais vraiment expliqué de manière claire ce qu’il savait.»

En outre, l’ancien élu de QS exige aussi que les candidats actuels ou futurs à la direction du parti admettent clairement les torts du parti et assurent qu’«il n’y aura plus ces ministres et députés qui continuent à peupler les rangs libéraux».

«Ce n’est pas leur job d’arrêter M. Charest, mais c’est quand même leur job de reconnaître les fautes», a-t-il dit en évoquant notamment la candidate à la direction du parti Dominique Anglade, ainsi qu’une candidate pressentie, Marwah Rizqy.

M. Khadir se désole que la commission Charbonneau et l’Unité permanente anticorruption (UPAC) n’aient pas fait le ménage autant qu’il l’aurait voulu.

Il est par ailleurs outré d’apprendre que l’ancienne vice-première ministre Nathalie Normandeau serait intéressée par un retour au PLQ, selon ce que rapportent des médias.

«C’est ubuesque, invraisemblable, elle représente une ère qu’on voudrait voir dépassée», a-t-il conclu.

Patrice Bergeron, La Presse canadienne