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Élections: la FTQ n’appuiera aucun parti et n’en combattra aucun en particulier

Élections: la FTQ n’appuiera aucun parti et n’en combattra aucun en particulier
Photo: iStock

MONTRÉAL — La FTQ n’appuiera aucun parti et ne combattra aucun parti en particulier durant la présente campagne fédérale.

La plus grande centrale syndicale du Québec, avec plus de 600 000 membres, ne restera toutefois pas muette durant la campagne, pas plus d’ailleurs que la CSN. Les deux ont produit une documentation d’intérêt pour leurs membres.

Les nouvelles règles d’Élections Canada qui sont entrées en vigueur sont beaucoup plus restrictives pour les tierces parties. Ainsi, toute campagne dans les médias sociaux, ainsi que toute activité qui vise à favoriser ou contrecarrer un parti, en le nommant ou en présentant une photo d’un candidat, sont considérées comme des activités partisanes. Même un encouragement aux électeurs à voter de façon stratégique dans une circonscription où la course serait serrée serait considéré comme une activité partisane.

La FTQ s’inscrit donc comme un tiers pour pouvoir faire des dépenses électorales, qui seront comptabilisées. «On entend respecter la loi. On va vivre avec ces règles-là sans trop de difficultés», a indiqué son secrétaire général Serge Cadieux, en entrevue.

Les statuts de la FTQ lui permettent de donner un appui ponctuel à un parti politique pendant une campagne électorale. «Mais à cette élection-ci, on n’a pas l’intention de lancer un mot d’ordre d’appui à un parti politique», a précisé M. Cadieux.

L’un de ses grands syndicats affiliés, Unifor, a lancé une campagne «arrêtons Scheer» au Canada, mais la FTQ n’embarquera pas. «Non. On n’appuie pas un parti, puis on n’attaque pas en particulier un parti politique», note M. Cadieux.

La CSN, qui a 300 000 membres, ne peut pas prendre position en faveur d’un parti politique, en vertu de ses statuts.

Dans son document préparé en juin dernier, la CSN déplore que le gouvernement Trudeau n’ait pas rempli son engagement électoral d’adopter une réforme du mode de scrutin. Elle y note que «Justin Trudeau ressemble de plus en plus, selon certains, à une fabrication orchestrée par la haute finance de Bay Street».

Des thèmes chers

Néanmoins, tant la FTQ que la CSN s’intéressent à des sujets qui devraient préoccuper leurs membres sur la scène fédérale. Parmi eux: l’implantation d’un régime national d’assurance médicaments public, pour lequel la FTQ et la CSN mènent une campagne avec la CSQ.

Les centrales veulent aussi que les partis en lice en disent davantage sur ce qu’ils vont faire pour contrer les paradis fiscaux.

Elles veulent également que des améliorations soient apportées à l’assurance-emploi pour la rendre plus accessible. «Ce n’est pas normal que seulement 48 pour cent des gens qui perdent leur emploi se qualifient» pour toucher des prestations d’assurance-emploi, déplore M. Cadieux.

CSN et FTQ demandent également la protection des industries culturelles et médiatiques contre les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon). «L’à-plat-ventrisme de la ministre du Patrimoine du premier cabinet Trudeau, Mélanie Joly, devant l’exode des revenus publicitaires vers les Netflix de ce monde, est aussi révoltant que le refus du fédéral de taxer les multinationales numériques à la même hauteur que toute entreprise canadienne», critique la CSN.

M. Cadieux défend l’importance pour les syndicats de faire de l’action politique. «De l’action politique, ce n’est pas dire à quelqu’un « tu vas voter pour tel parti ou tel autre parti », c’est que les gens soient conscients des enjeux et qu’ils puissent par eux-mêmes savoir qui est le meilleur candidat ou le meilleur parti pour défendre leurs intérêts», a-t-il commenté.

Lia Lévesque, La Presse canadienne