National
20:23 15 septembre 2019

Solidarité avec les techniciens de l’AQTIS sur le tapis rouge des prix Gémeaux

Solidarité avec les techniciens de l’AQTIS sur le tapis rouge des prix Gémeaux
Photo: Graham Hughes/La Presse canadienneMylene Mackay

MONTRÉAL — Bon nombre d’artistes ont affiché leur solidarité avec les membres de L’Alliance québécoise des techniciens et techniciennes de l’image et du son (AQTIS), en plein conflit de travail, sur le tapis rouge du Gala des prix Gémeaux, dimanche.

Les membres de l’AQTIS étaient justement réunis en assemblée, au même moment dimanche, pour se prononcer sur l’entente de principe intervenue avec l’Association québécoise de la production médiatique (AQPM), qui regroupe des producteurs privés.

L’AQTIS représente quelque 6000 pigistes — des caméramans, preneurs de son, maquilleurs, coiffeurs et autres, qui travaillent à la production de téléromans, téléséries, documentaires et films, au Québec et parfois à l’étranger. Les points en litige portent sur la rémunération, les questions de santé et sécurité au travail, la formation et la qualification professionnelle, de même que la priorité d’embauche.

Vincent Leclerc, qui est cité dans la catégorie du meilleur premier rôle masculin dans une série dramatique, estime qu’une intervention gouvernementale pourrait s’avérer bientôt nécessaire.

«J’ai travaillé avec une maquilleuse ce printemps dont le salaire n’avait pas bougé en 20 ans. C’est toute l’industrie qui souffre», illustre celui qui campe le rôle de Séraphin Poudrier dans «Les pays d’en haut».

«On fait de plus en plus de contenu avec de moins en moins de temps», se désole-t-il.

La comédienne Mélanie Pilon estime que la qualité du contenu s’en voit affectée à un moment particulièrement critique pour la télévision québécoise.

«On n’a jamais été autant exposés à du contenu étranger. On va frapper un mur un moment donné», renchérit Vincent Leclerc.

Ludivine Redding, en lice dans la catégorie du meilleur premier rôle féminin dans une série dramatique quotidienne pour «Clash», se dit, elle aussi, «de tout coeur» avec les techniciens, avec qui elle forme des liens très forts en tournage.

«On est une équipe. Il faut être solidaire, bien sûr. Sans techniciens, il n’y a rien qui se tourne. Leur travail est essentiel. Il faut que ce soit respecté et écouté», fait valoir l’actrice qui s’est d’abord fait connaître grâce à son rôle de Fanny dans «Fugueuse».

«Je leur souhaite vraiment d’obtenir les conditions qu’ils demandent et qu’il y ait un terrain d’entente pour que l’on continue à créer dans le plaisir, avance pour sa part Mylène Mackay. Tout le monde a intérêt à avoir des conditions dans lesquelles ils sont confortables pour donner le meilleur d’eux-mêmes.»

«Si on est trop épuisés pour créer et pour réfléchir ensemble et faire du bon matériel, ça ne sert à personne. Ça se ressent un plateau où les gens ne sont pas épanouis», relève l’actrice.

Stéphane Demers, qui est cité dans la catégorie du meilleur premier rôle masculin dans une série dramatique annuelle pour «O’», dit pour sa part ressentir «l’essoufflement» de ses collègues depuis cinq ans déjà.

«Il n’y a absolument aucune télévision et aucun cinéma qui peut se faire sans qu’il y ait des gens « hyperqualifiés » et rémunérés de la bonne façon. C’est vrai pour les comédiens et pour les techniciens. Il faut aussi des horaires de travail où on va être à notre meilleur et pas toujours en train d’éteindre des feux. Ça reste de la business, mais de l’art aussi!»

Roxanne Ocampo, La Presse canadienne