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François Legault est un politicien de droite, dit Gabriel Nadeau-Dubois

François Legault est un politicien de droite, dit Gabriel Nadeau-Dubois
Photo: La Presse canadienneLe premier ministre du Québec, François Legault

QUÉBEC — Les masques tombent: François Legault est un politicien de droite, soutient le leader parlementaire de Québec solidaire (QS), Gabriel Nadeau-Dubois.

Selon lui, la position affichée récemment par le premier ministre Legault, relativement aux prochaines négociations avec les syndicats du secteur public, révèle son vrai visage, celui d’un homme de droite, peu sensible à améliorer le sort du demi-million d’employés de l’État, dont bon nombre gagnent des «salaires pitoyables».

M. Nadeau-Dubois a fait cette sortie lundi, à la veille de la rentrée parlementaire, en conférence de presse, en marge d’un caucus de deux jours des 10 députés solidaires.

Il réagissait aux déclarations faites vendredi par le premier ministre, qui prévenait les employés de l’État de ne pas s’attendre à des augmentations de salaire supérieures à l’inflation.

Les négociations visant à renouveler les conventions collectives conclues entre le gouvernement et les syndicats du secteur public doivent débuter cet automne.

M. Legault a affirmé que les milliards de surplus dans les coffres de l’État n’appartenaient ni aux groupes de pression ni aux syndicats.

Une fois les principales promesses électorales de son parti réalisées, il n’y aura plus de marge de manoeuvre financière, faisait-il valoir en substance.

Cette posture a piqué au vif le député de Gouin, qui y voit «des relents» du discours de l’Action démocratique du Québec (ADQ), parti ayant fusionné avec la Coalition avenir Québec (CAQ), que dirige M. Legault.

Selon M. Nadeau-Dubois, il ne fait plus de doute que la CAQ de François Legault «a tenté de se présenter comme un parti de centre, comme un parti modéré, et là ce qu’on découvre c’est que c’est la bonne vieille droite adéquiste qui tape sur la tête des fonctionnaires».

On voit donc poindre «la vraie nature de la CAQ», selon M. Nadeau-Dubois, qui garde un fort mauvais souvenir de l’ADQ, parti fondé par Mario Dumont, et de ses positions envers la fonction publique.

«L’ADQ s’est fait connaître au Québec avec un discours extrêmement dur contre la fonction publique», comme si les employés de l’État constituaient «un fardeau pour la société», a-t-il observé.

Le premier ministre Legault reprend à son compte ce discours, selon lui, en abandonnant à leur sort «les victimes de l’austérité libérale», au premier chef les employés de l’État.

Or, on attend du gouvernement caquiste qu’il «répare les erreurs libérales, pas qu’il les aggrave», faisant allusion aux années d’austérité  budgétaire qui ont contribué selon lui à détériorer les conditions de travail des employés de l’État, à l’époque du gouvernement Couillard.

Le surplus budgétaire, qui attise bien des convoitises, devrait atteindre cette année 4,3 milliards $, selon l’Institut du Québec, après le versement au Fonds des générations de quelque 3,1 milliards $. Il pourrait même dépasser les 5 milliards $, selon certaines estimations.

Durant la prochaine session parlementaire, qui débute mardi, QS va s’affairer à réduire l’écart de revenu entre riches et pauvres.

Par exemple, M. Nadeau-Dubois dit juger inadmissible de voir le président exécutif du conseil d’Alimentation Couche-Tard, Alain Bouchard, gagner l’an dernier 9,4 millions $, soit 400 fois le salaire moyen de ses employés.

Il s’est dit favorable à l’idée d’imposer un plafond aux salaires des dirigeants d’entreprise.

Jocelyne Richer, La Presse canadienne