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Alcool: la Gaspésie en tête du palmarès 2019 de la modération… mais pas Québec

Alcool: la Gaspésie en tête du palmarès 2019 de la modération… mais pas Québec
Photo: iStockAinsi, c'est maintenant la région de la Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine qui remporte la palme de la consommation avec modération.

MONTRÉAL — En matière de consommation d’alcool, les Gaspésiens et les Madelinots ont gagné en sagesse, ces dernières années, mais les citoyens de Québec, eux, sont beaucoup moins sages qu’avant.

Le palmarès 2019 d’Éduc’alcool révèle ainsi des changements dans les comportements des citoyens de plusieurs régions du Québec, qu’il s’agisse de consommation excessive, de conduite automobile après avoir consommé de l’alcool ou de consommation combinée d’alcool et de cannabis.

Consommation responsable

La consommation excessive est définie comme une consommation de cinq verres et plus lors d’une même occasion, durant la dernière année.

Ainsi, c’est maintenant la région de la Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine qui remporte la palme de la consommation avec modération, elle qui était au 10e rang en 2017.

Suivent l’Estrie au deuxième rang, puis au troisième rang ex aequo: Lanaudière, Laval et la Montérégie.

Et, à l’inverse, la région de Québec a subi la plus importante dégringolade en matière de consommation modérée d’alcool. La région de la Capitale-Nationale était première en 2015, cinquième en 2017, puis vient de tomber au 15e rang en 2019. Le Saguenay—Lac Saint-Jean occupe le 16e et dernier rang.

Le directeur général d’Éduc’alcool, Hubert Sacy, note que la Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine démonte ainsi certains préjugés. «La Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine qui, selon une légende urbaine, était une région plutôt délinquante, et bien c’est complètement faux. C’est là qu’il y a le moins de conduite avec les facultés affaiblies; c’est là qu’il y a le moins de problèmes sociaux liés à la consommation d’alcool», a-t-il relevé.

Conduite automobile

La conduite automobile responsable est définie par Éduc’alcool comme ceux qui ne conduisent pas avec une alcoolémie supérieure à la limite légale.

Là encore, la Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine est championne en 2019, tout comme elle l’était en 2017. Il s’agit là d’une grande amélioration par rapport à l’année 2015, alors qu’elle était au 13e rang sur 16.

L’Abitibi-Témiscamingue suit au deuxième rang, puis Chaudière-Appalaches, puis la Côte-Nord. C’est l’Outaouais qui arrive en queue de peloton.

Selon M. Sacy, la connaissance du fait que des barrages policiers ont été érigés dans la région ou le fait d’en avoir vu y est pour beaucoup dans le changement de comportement face à la conduite automobile après avoir consommé de l’alcool.

«En Gaspésie, c’est plus difficile, parce que tu as moins d’occasions de prendre des voies d’évitement. Ça pourrait être une explication», a-t-il lancé comme hypothèse.

De même, dans certaines régions, comme en Beauce, des accidents spectaculaires ont été hautement médiatisés. Cela a aussi pu influencer le comportement de gens qui avaient consommé de l’alcool et qui n’envisageront alors plus de conduire, a avancé M. Sacy.

Il a aussi cité comme facteur d’influence la formation donnée à des serveurs dans les bars, dans le cadre du cours «action service». Ces serveurs, mieux formés, apprennent à dissuader avec tact un conducteur trop éméché.

Des bars ont aussi des pratiques intéressantes, comme celle d’offrir des consommations sans alcool aux chauffeurs désignés, a-t-il rapporté.

Cannabis avec alcool

Pour ce qui est de la consommation combinée d’alcool et de cannabis, c’est Montréal qui arrive au premier rang, suivi de l’Outaouais, du Saguenay—Lac Saint-Jean, puis de Chaudière-Appalaches.

Éduc’alcool mène présentement une campagne contre la consommation combinée de ces deux substances, puisque l’effet s’en trouve alors amplifié. «Ça fait 300 ans qu’on étudie l’alcool», donc on en connaît mieux les effets, mais on ne peut en dire autant de la consommation du cannabis avec l’alcool, fait valoir M. Sacy.

Le palmarès est basé sur les déclarations de 6700 personnes interrogées par Crop pour le compte d’Éduc’alcool, à la fois par téléphone et par internet.

Lia Lévesque, La Presse canadienne