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Pas d’observateurs de l’OSCE cette fois-ci au scrutin fédéral

Pas d’observateurs de l’OSCE cette fois-ci au scrutin fédéral
Photo: Graham Hughes/La Presse canadiennePas d'observateurs de l'OSCE cette fois-ci au scrutin fédéral

OTTAWA — L’Organisation pour la sécurité et la coopération économique en Europe (OSCE) ne déploiera pas d’observateurs cette fois-ci lors des élections canadiennes, en dépit des préoccupations concernant le rôle des tiers, de la cybersécurité et des médias sociaux dans cette campagne.

Le Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme de l’OSCE, dont le Canada fait partie avec 56 autres États membres, avait déployé des observateurs lors des élections fédérales de 2015. Il a envoyé plus tôt cette année une équipe préparatoire pour déterminer si l’OSCE devait revenir en 2019.

À la fin du mois d’août, l’équipe a recommandé le déploiement d’une telle mission, à la suite de discussions avec les principaux partis politiques ainsi qu’Élections Canada, plusieurs ministères et des experts externes.

Si elle assurait faire pleinement confiance aux parties prenantes et à l’intégrité du processus démocratique, l’équipe estimait alors qu’une mission d’observation pourrait contribuer à évaluer les modifications récentes de la loi électorale, les efforts du Canada pour protéger le scrutin des cybermenaces, ainsi que les nouvelles règles en matière de financement de campagne et de médias sociaux.

Les intervenants rencontrés auraient d’ailleurs soutenu qu’il serait bien averti de pouvoir compter sur des paires d’yeux supplémentaires. Des gens s’inquiétaient particulièrement de la perception du public envers la sécurité du processus électoral. Ils craignaient également l’apparition de campagnes de désinformation ou de l’utilisation d’échappatoires dans la loi sur les dépenses électorales par des tiers.

L’OSCE a toutefois confirmé que la mission n’aura pas lieu en raison d’un manque de ressources.

Katya Andrusz, porte-parole du Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme de l’OSCE, a déclaré que l’organisation avait finalement décidé de ne pas envoyer de mission d’observation au Canada, car elle avait déjà déployé de nombreuses missions dans d’autres pays cette année.

L’élection présidentielle et les élections parlementaires en Ukraine ont notamment monopolisé les ressources limitées de l’organisme. De plus, d’autres missions sont déjà en cours en Pologne et au Bélarus.

Lori Turnbull, professeure de science politique à l’Université Dalhousie de Halifax, qui avait rencontré l’équipe préparatoire en juillet, trouve regrettable que l’OSCE ait choisi de ne pas envoyer de mission d’observation, compte tenu des problèmes susceptibles de se poser au cours de cette campagne.

«J’aurais vraiment aimé voir une observation simplement en raison des diverses règles qui concernent les tiers et en raison des enjeux de cybersécurité. Je pense que ça aurait été très bien qu’une analyse soit faite», a-t-elle commenté.

Certains experts croient que le Canada servira de cas type en vue de l’élection présidentielle américaine de 2020 afin d’évaluer les moyens de protéger l’intégrité de la campagne ainsi que pour observer les attaques auxquelles des pays peuvent s’attendre, a confié Mme Turnbull.

Lee Berthiaume, La Presse canadienne