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Une terre agricole perdrait sa vocation pour «création de richesse»

Une terre agricole perdrait sa vocation pour «création de richesse»
Photo: Jacques Boissinot/La Presse canadienneLe ministre de l'Agriculture, André Lamontagne

QUÉBEC — Le gouvernement Legault invoque la «création de richesse» pour justifier son droit de sacrifier un vaste territoire agricole en Montérégie.

La Presse rapportait jeudi que le gouvernement caquiste allait contourner la Commission de protection du territoire agricole (CPTAQ) pour décider lui-même s’il offrira une terre agricole de 94 hectares à un investisseur industriel, dans la municipalité de Beauharnois.

Le terrain qui appartient à Hydro-Québec pourrait ainsi potentiellement être dézoné, donc perdre son statut protégé de terre agricole, puis vendu à Google, selon ce qui a été rapporté. La CPTAQ avait d’abord antérieurement refusé une demande de dézonage présentée par la Ville de Beauharnois.

Au cours d’une brève mêlée de presse jeudi matin, le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, a d’abord expliqué que la loi lui permet de dessaisir la CPTAQ de certains dossiers.

«Il peut arriver qu’un gouvernement agisse ainsi dans un contexte où un terrain pourrait avoir un fort potentiel stratégique en matière de développement économique et de création de richesse», a-t-il déclaré, laissant ainsi entendre que ce lot est très convoité.

M. Lamontagne a toutefois ajouté qu’il n’avait «pas de dossier à annoncer», donc pas de dénouement immédiat dont il pourrait faire part.

L’attachée de presse du ministre, Laurence Voyzelle, n’a pas donné suite à nos questions concernant le processus en cours, ou la marche à suivre par le gouvernement une fois qu’il reprend un dossier de la CPTAQ.

«Lorsque le gouvernement dessaisit un dossier de la CPTAQ, cela n’affecte pas le statut du territoire concerné», qui reste donc agricole pour l’instant, a-t-elle écrit. 

«Puisqu’aucun scénario n’est fixé, il est prématuré de s’avancer sur les étapes d’un processus potentiel», a-t-elle poursuivi.  

Les questions adressées à la Commission n’ont pas trouvé de réponse non plus, par exemple sur le motif de son premier refus. La CPTAQ exige qu’on lui achemine des questions par écrit et 48 heures avant d’y répondre.

Patrice Bergeron, La Presse canadienne