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Trois milliards d’oiseaux de moins qu’en 1970 en Amérique du Nord

Trois milliards d’oiseaux de moins qu’en 1970 en Amérique du Nord
Photo: Marcio Jose Sanchez/La Presse canadienne via APLa population d'oiseaux a considérablement diminué en quelques décennies, indique une étude.

La population d’oiseaux, même celle des espèces les plus communes, a considérablement diminué en quelques décennies, indique une étude approfondie sur le sujet.

Selon cette étude, publiée jeudi dans la revue «Science», le nombre total d’oiseaux en Amérique du Nord a diminué de trois milliards depuis 1970, une baisse de 30 pour cent. Certaines des espèces les plus répandues ont été les plus durement touchées par ce phénomène.

«Les espèces comme les pigeons, les moineaux domestiques et les étourneaux, des espèces que nous considérons comme prospères en milieu urbain, sont elles aussi en déclin», indique le coauteur de l’article, Adam Smith.

L’étude menée par neuf universités et agences gouvernementales canadiennes et américaines a examiné 529 espèces.

Elle compile des données recueillies pour le Relevé des oiseaux nicheurs de l’Amérique du Nord qui a été mis en place au milieu des années 1960 avec l’aide des gouvernements et d’un vaste réseau de bénévoles. Le déclin est aussi confirmé par les données de 143 stations radar de météo américaines qui suivent les migrations d’oiseaux.

Les baisses sont généralisées par toutes les familles d’oiseaux, à l’exception des rapaces et des espèces marines.

La population d’oiseaux forestiers, comme les moucherolles, les pics et les mésanges à tête noire, a chuté de près d’un milliard d’individus.

Celle des oiseaux des prairies (sturnelles des prés, moineaux, troglodytes, etc.) a été réduite de moitié. On en compte 700 millions de moins qu’il y a 50 ans. Le déclin peut être observé parmi les trois quarts des espèces de cette famille.

La plus grande dégringolade touche les oiseaux plus communs comme les fauvettes et les merles, qui représentent près des trois quarts de l’ensemble des pertes.

«Cette perte globale a un coût pour nos écosystèmes en bonne santé, a déclaré M. Smith. Il y a des milliards de becs de moins pour manger des insectes. Il y a moins d’oiseaux pour manger et disperser les graines de plantes. Et il y a moins d’oiseaux que nous pouvons voir.»

Pour les scientifiques, les oiseaux sont des indicateurs qui révèlent des tendances naissantes dans les changements environnementaux. «La perte d’oiseaux est un signe que la nature est stressée», a souligné M. Smith.

Bob Weber, La Presse canadienne