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Médias: Le PLQ plaide pour l’équité fiscale envers tous les journalistes

Médias: Le PLQ plaide pour l’équité fiscale envers tous les journalistes
Photo: iStockQuébec a choisi de cibler certains médias: les quotidiens avec support papier nationaux et régionaux, les quotidiens web, de même que les hebdos régionaux.

QUÉBEC — L’opposition libérale réclame l’équité fiscale pour tous les journalistes du Québec, sans distinction du type de média auquel ils appartiennent.

Mardi, en Chambre, la députée libérale de Verdun, Isabelle Melançon, a dénoncé la «solution inéquitable» privilégiée la semaine dernière par le gouvernement Legault pour aider les médias à traverser la crise financière qui les frappe de plein fouet, en attendant de trouver un nouveau modèle d’affaires.

Par souci d’équité, elle a demandé à la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, d’étendre à tous les journalistes le crédit d’impôt sur la masse salariale annoncé par le gouvernement en vue de mieux soutenir certains médias de la presse écrite.

En appui à sa demande, Mme Melançon a fait valoir que durant la commission parlementaire qui s’est penchée récemment sur l’avenir des médias, tous les intervenants entendus avaient plaidé pour une aide de l’État universelle.

Or, Québec a plutôt choisi de cibler certains médias: les quotidiens avec support papier nationaux et régionaux, les quotidiens web, de même que les hebdos régionaux.

Québec va donc assumer une partie du salaire des journalistes de ces entreprises de presse, grâce à un crédit d’impôt remboursable de 35 pour cent du revenu. Il s’appliquera à un salaire annuel pouvant atteindre 75 000 $.

Ce faisant, le gouvernement a laissé en plan plusieurs médias, dont les radios, les télévisions et les agences de presse, une injustice, selon la députée libérale.

«Après des mois de tergiversations, qu’est-ce qui a été annoncé? Une aide destinée uniquement aux journaux. Rien pour les agences de presse comme La Presse canadienne, rien pour les journalistes radio et les journalistes de télé: une solution inéquitable. Décevant puisque durant les consultations sur l’avenir des médias, tout le monde, tout le monde a plaidé pour que l’ensemble de la filière médiatique soit soutenu», a fait valoir Mme Melançon, qui est porte-parole de l’opposition officielle sur les questions de culture et de communications.

Dans sa réponse, la ministre Roy a réaffirmé que la priorité du gouvernement consistait à soutenir financièrement les six journaux du Groupe Capitales Médias «parce qu’il y avait urgence», compte tenu qu’il était à court de liquidités. Un processus d’acquisition de ces journaux est présentement en cours.

Mais «il n’est pas exclu que les autres médias soient touchés par de nouvelles mesures», a ajouté la ministre Roy, en rappelant son passé de journaliste. Car les journalistes devraient voir en elle «une alliée».

«S’il y a quelqu’un ici qui sait très bien ce que vivent les gens de la presse, c’est bien moi, et ils savent qu’ils ont une alliée ici», a-t-elle commenté, ajoutant attendre le rapport de la commission parlementaire sur l’avenir des médias avant d’aller plus loin. La commission n’a pas encore terminé ses travaux.

Le ministre des Finances, Éric Girard, a cependant ajouté un bémol, en jugeant que l’effort déjà fourni «par les contribuables pour ce droit à l’information» était «extrêmement significatif».

Le crédit d’impôt remboursable est rétroactif au 1er janvier dernier. C’est une mesure permanente, qui profitera à quelque 200 entreprises de presse employant au total 1200 journalistes.

Jocelyne Richer, La Presse canadienne