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Plomb dans l’eau à l’école: L’opposition dénonce le laxisme du gouvernement

Plomb dans l’eau à l’école: L’opposition dénonce le laxisme du gouvernement
Photo: Getty Images/iStockphoto

QUÉBEC — Le gouvernement Legault fait preuve de laxisme et de négligence, en se montrant incapable de garantir la qualité de l’eau bue par les enfants dans les écoles et les garderies, selon les partis d’opposition, inquiets des concentrations de plomb détectées par les chercheurs.

La situation est «très grave», selon la députée péquiste de Joliette, Véronique Hivon, convaincue que le gouvernement a manqué à son devoir «essentiel et fondamental» de  protéger la santé des enfants.

«Où est le ministre de l’Éducation?», a renchéri la députée libérale de Saint-Laurent, Marwah Rizqy, persuadée que le gouvernement pourrait s’exposer à des poursuites pour ne pas avoir pris ses responsabilités quant à la salubrité de l’eau dans le réseau scolaire et celui des garderies. «Ils sont imputables», a-t-elle commenté, en parlant des membres du gouvernement.

La présence de plomb dans l’eau des fontaines de certaines écoles, telle que rapportée dans les médias depuis des mois, a semé l’émoi dans les rangs de l’opposition et placé le gouvernement sur la défensive, jeudi.

Le gouvernement a tenté de se faire rassurant, en disant qu’il avait agi, tout en minimisant la gravité de la situation.

Le premier ministre François Legault a indiqué, en mêlée de presse, que le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, avait commandé cette semaine une vérification de la qualité de l’eau dans toutes les écoles.

«On va fermer les abreuvoirs, s’il y a un risque» pour la santé des enfants, a-t-il commenté.

Mais dans l’intervalle, les enfants et leurs parents demeureront dans le doute, ne sachant pas si l’eau qui sort de la fontaine de l’école est exempte de plomb. 

Le journal Le Devoir rapportait jeudi que trois chercheurs avaient claqué la porte d’un projet de recherche mené dans 36 écoles, VisezEau à l’école, l’hiver dernier, à la suite de la décision du ministère de la Santé d’abolir le volet visant à vérifier la qualité de l’eau.

Interpellée, la ministre de la Santé, Danielle McCann, a dit jeudi que le gouvernement avait agi ainsi parce qu’il ne voulait pas dédoubler le travail déjà entrepris par l’Institut national de la santé publique (INSPQ) qui «est en train de faire un portrait totalement exhaustif» de la situation.

Elle n’a pas fixé d’échéance pour obtenir et divulguer les résultats de cette recherche.

De son côté, le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, a dit jeudi avoir émis une directive pour que des tests soient effectués dans tous les services de garde, Centres de la petite enfance (CPE), et garderies privées, subventionnées ou non.

En juin, dans un avis, l’INSPQ avait sonné l’alarme, en révélant que le niveau de plomb détecté dans l’eau des écoles et des garderies du Québec était si élevé qu’il pouvait affecter le quotient intellectuel des enfants.

Une autre étude, menée par l’Université de Montréal, révélait cette semaine qu’un pourcentage élevé de fontaines présentes dans les écoles de Montréal contenaient des concentrations de plomb trop élevées, parfois bien supérieures à la norme fédérale.

Jocelyne Richer, La Presse canadienne