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Le NPD publie le coût de ses promesses électorales

Le NPD publie le coût de ses promesses électorales
Photo: Josie Desmarais/MétroLe chef du NPD Jagmeet Singh

À 10 jours du vote, le Nouveau Parti démocratique (NPD) a publié vendredi le coût de ses promesses électorales. Bilan: le déficit gonflerait, mais la dette n’en serait pas trop affectée.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) propose de dégager un déficit de 32,7 G$ l’an prochain s’il remporte les élections fédérales. C’est 12 G$ de plus que le déficit anticipé dans le budget 2019. Et il n’a pas de plan pour rétablir l’équilibre budgétaire.

Les promesses de dépenses les plus importantes du NPD comprennent 10 G$ pour une assurance médicaments nationale, 5 G$ pour la construction de nouveaux logements abordables et 1,8 G$ pour mettre fin aux avis d’ébullition d’eau dans les communautés autochtones.

Les nouvelles recettes proviendraient en grande partie des entreprises et des Canadiens les plus riches.

«Depuis des décennies, on a vu des coupures, coupures dans les revenus, coupures dans les services. Donc, on veut changer ça. C’est une direction mauvaise pour le Canada, pour la société. À cause des mauvaises décisions depuis beaucoup d’années, il faut avoir le courage de tourner la direction. Et pour faire ça, il faut augmenter les revenus et augmenter les investissements dans les gens», a argué Jagmeet Singh à une conférence de presse matinale, à Ottawa.

Conservateurs: à venir

Andrew Scheer, lui, a choisi de présenter ses chiffres en après-midi, sur la côte ouest.

Donc, avant de quitter Ottawa vendredi matin, son adversaire libéral a pris le temps de se moquer du moment choisi pour publier les calculs conservateurs.

«Nous le savons tous, vous ne livrez pas votre meilleur travail à 18h, un vendredi, veille d’un long week-end», a lancé Justin Trudeau, applaudi par une petite foule de militants. M. Trudeau brandissait une copie «un peu froissée» de sa propre plateforme chiffrée publiée il y a deux semaines.

Aussi à Ottawa tôt vendredi matin, la leader du Parti vert se désolait d’un des calculs déjà connus des conservateurs.

«Je suis absolument étonnée par l’engagement de M. Scheer de couper notre aide vers les pays les plus pauvres par 25%. C’est une idée affreuse et contre les intérêts du Canada», de l’avis d’Elizabeth May.

Mme May était justement là pour souligner les engagements des verts sur la scène internationale.

«Le monde a besoin du Canada, particulièrement dans les négociations climatiques», a offert Mme May. Se désolant de la nouvelle faiblesse politique d’Angela Merkel, Mme May a argué qu’il y a une place à prendre. «Nous avons besoin d’un Canada avec un premier ministre courageux pour faire les choses qu’on doit faire», a-t-elle dit.

Encore un appel aux Québécois

Comme au dernier débat des chefs de la veille, Justin Trudeau a rebrandi le spectre de Stephen Harper pour s’attirer les votes des Québécois et les détourner du Bloc québécois.

«Pendant 10 ans, M. Harper a été aidé par le fait que les Québécois avaient envoyé une grande majorité (de bloquistes) à la Chambre des communes. Et ça, ça a permis à M. Harper de couper dans les dépenses pour les familles, pour les aînés, couper dans la culture, mais aussi rien faire pour lutter contre les changements climatiques, rien faire pour l’environnement», a-t-il voulu se souvenir.

«Les Québécois veulent être dans l’action, pas dans l’opposition», a-t-il déclaré.

Et puis que faire du pipeline Trans Mountain?

Au débat de jeudi soir, le chef du Bloc québécois a dressé la liste des moyens de regarnir les coffres de l’État sans imposer davantage les citoyens.

«Faut vraiment aller chercher les revenus supplémentaires», a souligné Yves-François Blanchet qui a cité la revente du pipeline Trans Mountain comme nouveau revenu possible.

Bloquistes, verts et néo-démocrates en ont contre l’achat de cet oléoduc par le gouvernement Trudeau. Les conservateurs et les libéraux veulent compléter l’expansion de ce pipeline afin qu’il transporte plus de pétrole des sables bitumineux vers la côte ouest et, de là, vers les marchés asiatiques.

En conférence de presse vendredi matin, Jagmeet Singh disait ne pas pouvoir décider ce qu’il en ferait s’il prenait le pouvoir. «Je veux prendre des décisions prudentes, (…) basées sur toutes les informations. C’est difficile de prendre un engagement sans savoir tous les détails. Mais ce que je peux dire (…), je suis contre l’expansion», a-t-il affirmé.

Lina Dib, La Presse canadienne