National

Scheer et Blanchet confiants; Singh et Trudeau à la chasse au vote progressiste

Scheer et Blanchet confiants; Singh et Trudeau à la chasse au vote progressiste
Photo: Sean Kilpatrick/La Presse CanadienneJustin Trudeau

OTTAWA — Le chef conservateur a fait un long discours en français pour tenter de convaincre les Québécois de voter pour son équipe plutôt que de redonner de l’élan au Bloc québécois.

«Vous êtes maîtres chez vous!» a lancé Andrew Scheer, devant des militants et candidats à La Prairie, sur la Rive-Sud de Montréal, reprenant le slogan datant de la Révolution tranquille.

M. Scheer dit avoir senti la «fierté de la nation québécoise» au cours des trois dernières années. «Être nationaliste ne signifie pas l’indépendance. On peut aimer le Québec sans vouloir briser le Canada», a-t-il lancé.  

Il a ensuite énuméré ses promesses pour la province: travailler pour une déclaration de revenus unique et gérée par Québec, améliorer le programme de travailleurs étrangers temporaires, trouver des solutions à la pénurie de main-d’oeuvre et donner plus d’autonomie au Québec en matière de culture.

À six jours du vote, conservateurs et bloquistes affichaient, mardi, une bonne dose de confiance. Les libéraux et les néo-démocrates, pendant ce temps, continuaient à se disputer le vote progressiste.

De passage dans la région de Québec, Andrew Scheer et Yves-François Blanchet ont tous deux bombé le torse. «Mon rôle, (ma) responsabilité est de gagner un gouvernement majoritaire le 21 octobre et je vais le faire», a claironné M. Scheer alors qu’il faisait appel au vote de la «nation québécoise».

«On va gagner partout au Québec, partout au Canada», a-t-il renchéri lors d’un passage à Trois-Rivières, quelques heures plus tard.

Selon les sondages, son parti se trouve en troisième place au Québec.

Et comme les bloquistes semblent, toujours selon les sondages, avoir le vent dans les voiles, le chef conservateur leur a réservé presque toutes ses attaques.

«M. (François) Legault n’a pas besoin de M. Blanchet à Ottawa, a-t-il insisté. C’est clair que le lendemain après les élections, le Bloc va travailler avec le Parti québécois pour lutter contre M. Legault parce que (sa) priorité, c’est un nouveau référendum.» 

M. Blanchet, pendant ce temps, croyait à portée de main certains comtés conservateurs dans la région de Québec.

«Je ne veux pas présumer du choix des électeurs», a-t-il offert comme préambule.

«Il y a un contraste marqué entre ce qu’on nous laissait imaginer pour la région de Québec pour le Bloc… dans les médias de la région, le Bloc venait faire de la figuration ici», a rappelé le chef bloquiste. «J’ai toujours été un petit peu plus ambitieux que ça (…) oui, il y a des possibilités pour la région de Québec», a-t-il affirmé.

Qui est plus progressiste?

«Demandez à vos amis, demandez à vos voisins, demandez à votre famille de rêver grand parce que vous le méritez», a lancé le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) à une petite foule réunie dans une rue de Toronto. «Vous avez le droit de rêver d’un meilleur avenir (…) et les néo-démocrates vont livrer ce meilleur avenir», a promis Jagmeet Singh.

«Les libéraux sont des progressistes qui donnent des belles paroles. Nous sommes des progressistes qui donnent des actions concrètes», avait-il offert un peu plus tôt pour souligner la différence entre un vote pour lui et un vote pour Justin Trudeau.

La leader du Parti vert n’a pas non plus le droit, selon M. Singh, à l’étiquette progressiste parce qu’elle a refusé de faire comme lui et d’écarter toute possibilité de travailler avec un gouvernement minoritaire conservateur.

De Kamloops, en Colombie-Britannique, Elizabeth May a publié un communiqué pour prouver son engagement progressiste.

«Le Parti vert du Canada a récemment été mis au courant de l’existence de messages islamophobes sur les médias sociaux de quatre candidats et candidates au Québec», peut-on lire dans le document des verts.

Les quatre candidats que le parti ne nommait pas allaient devoir offrir des excuses publiques. Il leur faudrait aussi s’engager à lutter contre le racisme et à travailler avec le Conseil national des musulmans canadiens.

Le leader adjoint du Parti vert, Daniel Green, a confié à La Presse canadienne que les candidats de Brossard-Saint-Lambert, Grégory De Luca, et de Shefford, Katherine Turgeon, étaient deux des quatre candidats fautifs.

Promesse progressiste libérale 

Le chef libéral, à Fredericton, a promis une action progressiste concrète s’il est réélu.

«Je m’assoirais avec le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, pour lui expliquer qu’il doit fournir une couverture pour les services d’avortement (…) en dehors des hôpitaux», a dit Justin Trudeau.

«Un gouvernement libéral défendra toujours les droits des femmes, y compris contre des politiciens conservateurs qui veulent limiter les droits des femmes, quelque chose qu’Andrew Scheer ne ferait certainement pas», a-t-il lancé.

Le gouvernement conservateur provincial refuse de payer les avortements faits hors hôpital. La dernière clinique de la province a annoncé sa fermeture. Il ne restera donc que deux hôpitaux à Moncton et un autre à Bathurst pour les femmes qui veulent un avortement.

Andrew Scheer s’est lui-même qualifié de «pro-vie». Il a promis, cependant, de voter contre tout projet de loi futur qui limiterait l’accès à l’avortement.

Une promesse évaluée

Presque 30 ans après la tuerie de Polytechnique, en 1989, des familles des victimes et des survivants de tueries ont rencontré la presse, mardi, dans l’institution universitaire, pour évaluer les promesses de contrôle des armes à feu des différents partis politiques.

«Ce que nous disons aux Canadiens, c’est qu’un vote pour les conservateurs, c’est un vote pour le lobby des armes. Si les conservateurs rentrent, le lobby des armes va avoir gagné au niveau du contrôle des armes», a lancé Heidi Rathjen, coordonnatrice de PolySeSouvient et diplômée de l’École polytechnique de Montréal en 1980.

«Trente ans plus tard, avec les cycles électoraux, on recule, on n’avance pas — même avec le peu de progrès qu’on a fait la dernière fois», a noté Mme Rathjen, qualifiant le mandat Trudeau de «positif mais décevant».

Tout de même, elle est prête à croire, une fois de plus, aux promesses libérales.

«Le Parti libéral, le Nouveau Parti démocratique, le Bloc québécois et le Parti vert sont tous en appui au contrôle des armes, mais la plateforme libérale est la plus forte», à son avis.

Progression du vote par anticipation

Le nombre d’électeurs ayant voté par anticipation ces derniers jours a augmenté de 29 pour cent par rapport à 2015, a indiqué mardi Élections Canada.

Selon des données préliminaires, environ 4,7 millions d’électeurs ont voté par anticipation à travers le pays de vendredi à lundi.

Lina Dib et Catherine Lévesque, La Presse canadienne