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QS demande à la CAQ d’agir contre les évictions abusives de locataires

QS demande à la CAQ d’agir contre les évictions abusives de locataires
Photo: Pablo Ortiz/MétroLa députée solidaire de Mercier, Ruba Ghazal, estime que sa pétition pourra faire bouger les choses.

MONTRÉAL — Québec solidaire (QS) demande à la Coallition Avenir Québec (CAQ) de décréter un moratoire sur les évictions de logement pour motif d’agrandissement, de subdivision ou de changement d’affectation, partout où le taux d’inoccupation se situe en bas de 3%.

C’est ce qu’ont indiqué les députés Ruba Ghazal (Mercier) et Andrés Fontecilla (Laurier-Dorion) lors d’une conférence de presse dimanche matin sur Le Plateau-Mont-Royal.

Selon QS, les «rénovictions» menacent de mettre un nombre record de gens à la rue en pleine crise du logement dans plusieurs quartiers à Montréal.

Le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) ainsi que l’organisatrice communautaire au Comité logement du Plateau Mont-Royal soutiennent avoir constaté une augmentation du nombre d’évictions pour de prétendues rénovations importantes.

Le nombre d’éviction est en hausse cette année. Depuis avril 2019, le Comité logement du Plateau Mont-Royal a reçu 154 demandes en lien avec des évictions, soit trois fois plus qu’en 2017 à la même période.

Selon les organisations, les «rénovictions» sont un moyen utilisé par des propriétaires pour contourner les règles provinciales en matière d’expulsion et d’augmentation de loyer.

En plus du moratoire sur les évictions de logements dans les endroits ou le taux d’inoccupation est bas, Québec solidaire demande à la ministre de l’Habitation, Andrée Laforest, de créer un comité d’urgence interministériel pour aider les locataires déjà victimes d’une «rénoviction» à se trouver un toit et aussi d’amender le Code civil pour protéger les locataires d’une éviction abusive.

Les aînés ciblés

Michel Dubé

Présent à la conférence, Michel Dubé, 71 ans habite sur le Plateau depuis 9 ans. Il vient de signer une entente d’éviction avec son propriétaire et craint de se retrouver sans logement le 1er juillet. «Je m’en vais où maintenant, les loyers c’est des prix que je ne peux pas m’offrir, je vais finir dans la rue» a-t-il confié à Métro. Les nombreuses rénovations dans son duplex lui ont causé de l’anxiété. «Je n’en dormais plus, j’ai été obligé d’aller voir mon médecin et de lui demander des antidépresseurs, je n’en pouvais plus, je suis à boutte», a-t-il soutenu au bord des larmes. Monsieur Dubé déplore le manque de compassion des propriétaires et le manque d’action du gouvernement face aux évictions.

À 67 ans, Francine est née à sur le Plateau Mont-Royal. Après 28 ans dans le même logement, elle a aussi été évincée par son nouveau propriétaire cette année. Selon elle, les propriétaires de logements dans le quartier ciblent les ainés, car ils sont plus vulnérables. «Nous avons signé l’éviction forcée pour éviter le harcèlement continu», a-t-elle déclaré.

Annie Archambault habite sur Plateau Mont-Royal depuis 19 ans. Elle compte «tenir son bout» face à l’éviction forcée de son propriétaire. Inquiète, elle se dit être «obligée» de prendre des somnifères pour dormir.  Elle estime que les propriétaires sont plus hostiles envers les personnes âgées qui sont vulnérables. Selon elle, certains propriétaires refusent d’entretenir les logements pour encourager les locataires qui paient moins cher à quitter leurs logements. 

Avec les informations de Lela Savic