National

Scheer n’a pas l’intention de démissionner comme chef du Parti conservateur

Scheer n’a pas l’intention de démissionner comme chef du Parti conservateur
Photo: Adrian Wyld/La Presse CanadienneAndrew Scheer

REGINA — Andrew Scheer n’a pas l’intention de céder sa place comme chef du Parti conservateur du Canada malgré la défaite.

Lors d’une conférence de presse au lendemain de l’élection, mardi, M. Scheer a dit que les résultats de la veille, qui démontrent un pays divisé, sont un «premier pas» pour remplacer Justin Trudeau.

«Quand ce gouvernement va tomber, nous serons prêts à le remplacer», a lancé le chef conservateur en guise d’avertissement.

Les conservateurs ont fait élire au total 121 députés, soit une vingtaine de plus qu’en 2015. Le parti a balayé les provinces de l’Ouest et fait des gains en Atlantique, mais pas au Québec et en Ontario.

Loin de se laisser abattre, M. Scheer a vanté les résultats du vote populaire de son parti, qui ont été meilleurs que ceux des libéraux. Les conservateurs ont obtenu 34,4 pour cent des voix exprimées, contre 33,1 pour cent pour les troupes de Justin Trudeau.

«Bien que les résultats ne soient pas ce que nous voulions, nous avons fait des gains hier. Nous avons même obtenu plus de votes que lors de la majorité conservatrice de 2011. Notre vote a augmenté et notre nombre de sièges a augmenté presque partout au pays», a-t-il dit.

M. Scheer dit qu’il a parlé au premier ministre Justin Trudeau et lui a dit qu’il devait prendre acte des «résultats troublants» de la veille concernant la division entre provinces.

«Nous avons un pays très divisé. C’est essentiel que Justin Trudeau prenne cet enjeu au sérieux et essaie de trouver le terrain commun et arrête les attaques sur notre secteur énergétique et arrête de diviser notre pays et nos provinces», a martelé M. Scheer, qui dit comprendre la colère des électeurs de l’Ouest.

Le chef conservateur croit que M. Trudeau est à blâmer pour la division au pays, parce qu’il a passé 40 jours à attaquer les premiers ministres des provinces «qui ne sont pas d’accord avec lui».

Déception au Québec et en Ontario

M. Scheer admet qu’il aurait aimé de meilleurs résultats au Québec et en Ontario. Il compte faire un bilan de la campagne et analyser ce qui n’a pas fonctionné dans les deux provinces.

Au Québec, les conservateurs ont perdu deux députés aux mains du Bloc québécois, mais ont réussi à battre Maxime Bernier en Beauce. Les résultats sont néanmoins décevants pour le parti, qui misait sur le vote nationaliste dans la province.

M. Scheer croit que son message a «résonné» auprès des Québécois, mais ses piètres résultats démontrent que ses troupes doivent «travailler plus fort» dans la province.

À son avis, les appuis au Bloc vont se dégonfler lorsque les Québécois se rendront compte que les bloquistes souhaitent concentrer leurs efforts sur un troisième référendum.

En Ontario, les troupes de M. Scheer n’ont pas réussi là où Stephen Harper et Doug Ford avaient fait des gains. Les libéraux ont perdu quelques plumes, mais la région de Toronto est restée rouge.

M. Scheer aurait-il dû faire campagne avec M. Ford finalement? Il n’a pas voulu répondre.

Catherine Lévesque, La Presse canadienne