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Legault justifie son absence à une rencontre avec les chefs autochtones

Legault justifie son absence à une rencontre avec les chefs autochtones
Photo: Jacques Boissinot/La Presse CanadienneFrancois Legault

QUÉBEC — «Je ne peux pas commencer à être présent dans tous les dossiers», a répondu mercredi François Legault aux chefs autochtones qui déploraient son absence à une rencontre importante.

En campagne électorale, M. Legault avait pourtant promis de marcher dans les traces de l’ex-premier ministre Bernard Landry et de conclure une nouvelle «Paix des Braves» avec des nations autochtones.

Jeudi dernier, il ne s’est pas présenté à une première rencontre avec les chefs autochtones pour discuter des suites à donner au rapport Viens, qui conclut que les Autochtones du Québec subissent diverses formes de discrimination systémique.

Le chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard, est sorti déçu de cette rencontre, la qualifiant de «rendez-vous manqué», en raison de l’absence de M. Legault.

Il a rappelé qu’une discussion de nation à nation impliquait que le chef de la nation québécoise soit présent à la table. Le grand chef du Conseil de la Nation Atikamekw, Constant Awashish, avait renchéri en déclarant que «les absents ont toujours tort».  

Interrogé à ce sujet mercredi, M. Legault a d’abord indiqué qu’il faisait confiance à sa ministre déléguée aux Affaires autochtones, Sylvie D’Amours, pour mener à bien les travaux.

Une deuxième rencontre est d’ailleurs prévue les 11, 12 et 13 décembre prochain, possiblement à Wendake. M. Legault ne s’est toutefois pas engagé, mercredi, à y participer.

Il s’est défendu en arguant qu’il était impensable pour un premier ministre d’assister à toutes les rencontres avec les Autochtones. «J’ai déjà trois fois rencontré les communautés autochtones, je ne peux pas être à chaque rencontre», a-t-il dit.

«Ce que je veux, c’est d’en venir à signer une entente avec chaque communauté, il y en a une dizaine, mais il y a des sous-communautés, donc on parle d’une trentaine de groupes avec qui il faut s’entendre. Imaginez si le premier ministre commence à négocier avec 30 groupes», a-t-il ajouté.

Le 25 septembre 2018, François Legault déclarait vouloir s’inspirer de Bernard Landry pour conclure une entente de type «Paix des Braves» avec d’autres nations autochtones.

Il s’était défendu d’avoir sorti un lapin de son chapeau au jour 34 de la campagne électorale, au cours de laquelle les enjeux autochtones avaient par ailleurs été fort peu discutés.

La «Paix des Braves» a été conclue en 2002 entre le gouvernement du Québec et les Cris. L’accord historique accorde une autonomie accrue aux Cris pour le développement du territoire, leur développement économique et les ressources énergétiques, forestières et minières.

Caroline Plante, La Presse canadienne