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«Autiste, bientôt majeur»: la CAQ refuse un mandat d’initiative

«Autiste, bientôt majeur»: la CAQ refuse un mandat d’initiative
Photo: Minas Panagiotakis/Getty ImagesFrancois Legault

QUÉBEC — «Comme maman, mon coeur est brisé.»

La députée libérale Jennifer Maccarone s’explique mal le refus du gouvernement Legault de tenir une commission parlementaire sur les services offerts aux personnes autistes, notamment lorsqu’elles atteignent l’âge de la majorité.

En point de presse à l’Assemblée nationale jeudi, elle a accusé les caquistes de manquer de coeur. À l’émission «Autiste, bientôt majeur», présentée par le Groupe TVA, le premier ministre François Legault a versé des larmes de crocodile, a-t-elle martelé.

«Je suis bouleversée, a déclaré l’élue de Westmount-Saint-Louis et mère de deux enfants autistes. C’est la communauté des personnes autistes à qui il vire le dos. C’est qui les prochains?»

Selon Mme Maccarone, les membres de la Commission de la santé et des services sociaux ont rejeté sa proposition de mandat d’initiative notamment parce que celle-ci était trop «restreinte».

Les députés qui sont membres d’une commission peuvent se prononcer sur les mandats qu’ils veulent étudier, mais il est bien connu que les élus du gouvernement y sont majoritaires et peuvent voter en bloc pour accepter ou refuser un mandat.

Les députés caquistes Ian Lafrenière (Vachon), Nancy Guillemette (Roberval), François Tremblay (Dubuc), Suzanne Blais (Abitibi-Ouest) et Marilyne Picard (Soulanges) ont tous voté contre la proposition libérale.

Mme Picard est mieux connue comme l’ancienne porte-parole du mouvement Parents jusqu’au bout.

Jennifer Maccarone, qui voyait en elle une alliée, a vécu le moment difficilement. «Je me suis dit: « Enfin, j’ai quelqu’un face à moi qui comprend la nécessité de pourquoi il faut étudier cette question-là »».

«Mais qu’elle ait pris la parole tout le long pour dire: « Bien non, on ne devrait pas parce que, parce que, parce que, puis parce que c’est trop restreint ». Bien, voyons donc.»

L’élue libérale proposait aux parlementaires d’entendre différents groupes et de trouver des pistes de solutions afin d’élargir les services offerts aux personnes autistes.

Mère de deux enfants autistes, dont l’un vient tout juste de célébrer son 18e anniversaire, elle se dit hautement préoccupée par les défis auxquels sont confrontés les nouveaux adultes vivant sous le spectre de l’autisme.

Pensons notamment à leur intégration au marché du travail, à la fin de leur parcours scolaire et à leur transition du système de soins pédiatriques aux soins adultes, a-t-elle dit.

Mme Maccarone a rappelé que les services offerts aux familles d’enfants autistes changent lorsque les enfants atteignent l’âge adulte, même si leur situation ne change pas.

Une personne sur 64 a un diagnostic de trouble du spectre de l’autisme au Québec, et le phénomène prend de l’ampleur, prévient-elle. «On ne peut pas se fermer les yeux puis tourner le dos pour dire: « Bien, on est trop occupés ».»

Caroline Plante, La Presse canadienne