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Le premier ministre du Manitoba interpelle Trudeau sur la loi sur la laïcité

Le premier ministre du Manitoba interpelle Trudeau sur la loi sur la laïcité
Photo: Justin Tang/La Presse CanadienneJustin Trudeau et Brian Pallister

OTTAWA — Le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister, dit qu’il est «venu en paix» à Ottawa, mais il a profité de sa première rencontre avec Justin Trudeau depuis sa réélection pour brandir le dossier de la loi québécoise sur la laïcité.

M. Pallister a une fois de plus soulevé ses préoccupations à propos de la loi québécoise sur la laïcité, qu’il qualifie de «dangereuse» et d’«inutilement restrictive». Il n’a cependant pas voulu dire s’il a demandé à M. Trudeau de s’immiscer dans une contestation judiciaire.

Le premier ministre manitobain comprend qu’il y a une «préoccupation évidente» pour ne pas accentuer les divisions au pays. Cela dit, M. Pallister affirme qu’il n’est pas dans sa nature de «rester silencieux» devant une telle «érosion» des droits individuels, dit-il.

«J’ai grandi sur une ferme, alors je n’aime pas l’érosion. Et quand je vois l’érosion des droits de particuliers, je pense que c’est important — que je sois visé ou non — (…) de dire quelque chose. C’est ce que j’ai fait et ce que je vais continuer de faire», a-t-il dit, vendredi, lors d’une mêlée de presse après la rencontre.

La loi sur la laïcité, adoptée sous le bâillon à l’Assemblée nationale du Québec en juin dernier, a suivi M. Trudeau pendant toute la durée de la campagne électorale fédérale.

Le chef libéral a dit qu’il n’allait pas contester cette loi «pour l’instant», ce qui a soulevé l’ire du premier ministre du Québec, François Legault, et a permis au Bloc québécois de capitaliser sur cet enjeu et de faire des gains dans la province.

Trans Mountain et péréquation

M. Pallister dit avoir voulu donner des pistes de solutions à M. Trudeau pour faire face à un sentiment d’aliénation grandissant dans l’Ouest canadien depuis la dernière élection.

Il ne se range cependant pas du côté de certains de ses homologues provinciaux, qui réclament des changements dans la formule de péréquation afin de venir en aide à l’Alberta et à la Saskatchewan. Le Manitoba reçoit un montant de péréquation par habitant plus élevé qu’au Québec.

«Je pense que la notion d’un débat sur la péréquation — pour lequel il y a peut-être six Canadiens qui le comprennent et qui s’y intéressent vraiment — est entièrement attribuable au manque de progrès sur la construction du pipeline Trans Mountain. Aussitôt qu’on aura du progrès sur le pipeline, le débat sur la péréquation va glisser dans le domaine académique, où il devrait habituellement résider», analyse M. Pallister.

Le premier ministre du Manitoba s’oppose cependant toujours à une tarification sur le carbone, qui divise les Canadiens, à son avis.

«Un chef politique peut diviser, un premier ministre devrait unir. Alors qu’on va de l’avant, on devrait s’unir autour de la lutte contre les changements climatiques et nous ne devrions pas être pris dans un débat sur la sous-catégorie d’une sous-catégorie d’une taxe sur le carbone», a-t-il lancé.

Catherine Lévesque, La Presse canadienne