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Course au PLQ: Cusson dit avoir été motivé par le «cafouillage» en immigration

Course au PLQ: Cusson dit avoir été motivé par le «cafouillage» en immigration
Photo: Jacques Boissinot/La Presse CanadienneAlexandre Cusson

QUÉBEC — Le maire de Drummondville, Alexandre Cusson, accélère sa réflexion en vue de se porter candidat à la chefferie du Parti libéral du Québec (PLQ).

En entrevue à La Presse canadienne mercredi, il a affirmé être passé à la vitesse supérieure la semaine dernière, lorsqu’il a vu le gouvernement Legault s’empêtrer dans la question du Programme d’expérience québécoise (PEQ).

«Moi, clairement, les événements, je vous dirais le cafouillage de la semaine dernière au niveau de l’immigration, quand on parle de pénurie de main-d’oeuvre et tout ça, ça a eu un effet accélérateur dans ma réflexion», a-t-il déclaré.

Invité à élaborer sur ce thème, il a dit préférer y revenir «un peu plus tard, au moment d’annoncer une décision». 

Chose certaine, Alexandre Cusson participera au conseil général du PLQ, qui se tiendra les 23 et 24 novembre à Sherbrooke. Il veut échanger avec les militants, notamment sur la nécessité de «reconnecter avec les régions».

Il souhaite en outre s’imprégner de «l’ambiance» du conseil général et sonder ses appuis, avant de prendre une décision finale d’ici la fin de l’année.

«Les gens qui me connaissent savent que je suis un gagnant, et que si (…) ultimement je prends la décision de me lancer, c’est que je serai convaincu que la victoire est possible», a affirmé M. Cusson, qui reconnaît avoir été «beaucoup» sollicité. 

Pour l’heure, seule la députée montréalaise et ancienne ministre de l’Économie, Dominique Anglade, est sur les rangs pour remplacer Philippe Couillard à la tête du PLQ. Elle a entamé sa carrière politique à la Coalition avenir Québec (CAQ).

«Une excellente candidate», selon le maire de Drummondville, qui se refuse à toute attaque. «Il ne faut surtout pas envisager une course Montréal versus régions, bien au contraire», déclare celui pour qui le retour au pouvoir des libéraux en 2022 est possible.

«En politique, six mois, c’est une éternité. (…) Qui aurait cru en février 2019 que le Bloc québécois ferait élire 32 députés?»

«Très compétent»

Alexandre Cusson a quitté, mardi, ses fonctions de président et de membre du conseil d’administration de l’Union des municipalités du Québec (UMQ). Plusieurs y ont vu le signe de son arrivée imminente dans la course au leadership du PLQ.

Ce serait une bénédiction pour le parti, qui cherche à tout prix à éviter un couronnement. Une course permettrait aux libéraux de profiter pendant plusieurs mois d’une plus grande attention médiatique. 

D’ailleurs, la démission de M. Cusson de l’UMQ a créé une petite frénésie à l’Assemblée nationale, mercredi matin, où des élus de toutes les formations politiques ont salué l’entrée en scène d’un homme qu’ils considèrent de grande qualité.

«C’est un individu qui, sur le plan politique, a fait sa marque, (…) qui est très compétent. (…) En plus, c’est une personne de région, qui est très réseauté», a déclaré le député libéral Gaétan Barrette, qui est lui-même en réflexion. 

«Je ne peux pas, moi, faire autrement que de dire que c’est une excellente candidature», a-t-il ajouté.

De son côté, Sylvain Gaudreault, du Parti québécois, a souhaité la bienvenue à M. Cusson, avec qui il entretient «personnellement une bonne relation de travail».

Le premier ministre François Legault s’est quant à lui montré enchanté de l’arrivée possible d’un candidat venant d’une région «toute caquiste depuis longtemps». «Peut-être qu’il a été bien formé par ses députés», a-t-il commenté, sourire en coin.

Un dixième appui pour Anglade

Toute cette agitation a peut-être poussé Mme Anglade à annoncer, mercredi, qu’elle compte désormais sur l’appui d’un dixième député, Gregory Kelley (Jacques-Cartier).

Dans une apparente démonstration de force, l’aspirante chef a descendu les marches du grand escalier, qui est au coeur du parlement, en compagnie des 10 députés qui l’appuient. 

M. Kelley a affirmé voir en son «amie Dom» la prochaine première ministre du Québec. Mme Anglade a soutenu que cette sortie était déjà prévue, avant même que M. Cusson ne montre des signes d’intérêt pour la chefferie du PLQ.

Elle par ailleurs a salué la démarche de M. Cusson et réitéré qu’une véritable course au leadership était saine et souhaitable.

«Depuis le début, j’ai dit qu’on voulait une course pour débattre des idées de fond, alors j’ai appris que M. Cusson avait pris sa carte du Parti libéral. On lui souhaite la bienvenue», a-t-elle déclaré en mêlée de presse.

Caroline Plante, La Presse canadienne