National
16:20 14 novembre 2019

COP25 à Madrid: Le gouvernement et les trois partis d’opposition seront présents

COP25 à Madrid: Le gouvernement et les trois partis d’opposition seront présents
Photo: Jacques Boissinot/La Presse canadienneLe représentant de l'opposition péquiste, Sylvain Gaudreault, se rendra à Madrid à contrecoeur.

QUÉBEC — La fronde menée par le gouvernement espagnol contre les leaders indépendantistes catalans n’empêchera pas le gouvernement Legault et les trois partis d’opposition de participer à la COP25, qui se tient à Madrid en décembre.

Le représentant de l’opposition péquiste, Sylvain Gaudreault, se rendra cependant à Madrid à contrecoeur, après mûre réflexion et une valse-hésitation entre la volonté de plaider pour la lutte aux changements climatiques et le désir de manifester sa solidarité envers les indépendantistes de Catalogne, dont les leaders ont été jetés en prison récemment.

La délégation québécoise au grand rendez-vous annuel environnemental parrainé par l’Organisation des Nations unies (ONU) sera formée du ministre de l’Environnement, Benoit Charette, de la députée libérale Marie Montpetit, de la députée solidaire Ruba Ghazal, et du député péquiste Sylvain Gaudreault. S’ajoutera l’émissaire du gouvernement pour la lutte aux changements climatiques, le biologiste Jean Lemire.

En raison du retrait du Chili, qui s’est désisté à cause des troubles sociaux qui menaçaient sa sécurité, Madrid accueillera la planète du 2 au 13 décembre, alors que sont attendues quelque 25 000 personnes, chefs de gouvernement, ministres, écologistes, journalistes et autres dignitaires provenant de 200 pays, en vue de préparer les prochaines étapes de la lutte aux gaz à effet de serre.

Le choix de Madrid pour organiser en catastrophe cet événement de portée internationale n’est pas sans créer de malaise dans certaines régions du globe, incluant le Québec, alors que le gouvernement espagnol adopte une attitude autoritaire et traite en parias les leaders du mouvement indépendantiste qui secoue la Catalogne.

En octobre, dans un jugement d’une rare sévérité, la Cour suprême espagnole a condamné neuf des 12 leaders indépendantistes catalans à des peines d’emprisonnement allant de 9 à 13 ans.

En 2017, les indépendantistes avaient organisé un référendum jugé illégal par le gouvernement central, à Madrid.

Pour les indépendantistes québécois, prompts à s’identifier au combat des Catalans, le dilemme était le suivant: aller à Madrid pour protéger l’environnement en participant à la COP25 malgré tout, ou alors boycotter l’événement pour éviter de paraître complices de l’acharnement de l’Espagne contre le mouvement indépendantiste catalan.

«Le dilemme a été intense et le dilemme est encore intense», a convenu jeudi M. Gaudreault, qui a finalement fait le choix d’y aller, après s’être entretenu avec des représentants de la communauté catalane présents au Québec, et ainsi s’assurer que son choix était le bon.

Mais une fois rendu à Madrid, pour bien afficher ses couleurs, M. Gaudreault a expliqué en point de presse qu’il n’hésitera pas à porter «fièrement» le ruban jaune, en guise de solidarité avec le peuple catalan et de soutien aux leaders incarcérés.

Après la conférence, il se rendra, à ses frais a-t-il précisé, à Barcelone, capitale de la Catalogne, pour y rencontrer des leaders indépendantistes et échanger sur la situation.

La Catalogne est une région amie du Québec et fait partie de son réseau diplomatique depuis 1999, ayant pignon sur rue à Barcelone.

Préférant se tenir loin de cet enjeu, le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, a dit souhaiter pour sa part que tous les membres de la délégation québécoise se rendront en Espagne pour une seule raison: défendre la protection de l’environnement.

«J’espère que pour eux le seul objectif sera l’environnement», a-t-il commenté, lors d’un entretien jeudi.

La COP25 vise en fait à préparer le terrain pour la COP26, à Glasgow, en Écosse, en novembre 2020, alors qu’on débattra des nouvelles cibles de réduction des gaz à effet de serre à atteindre après 2030.

Jocelyne Richer, La Presse canadienne