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Nouveau cabinet Trudeau critiqué par conservateurs, bloquistes et néo-démocrates

Nouveau cabinet Trudeau critiqué par conservateurs, bloquistes et néo-démocrates
Photo: Fred Chartrand/La Presse canadienneLe chef du Bloc québécois Yves-François Blanchet s'en est pris particulièrement à Pablo Rodriguez.

OTTAWA — Le nouveau lieutenant québécois de Justin Trudeau ne trouve pas grâce aux yeux du chef bloquiste et rien dans la composition du nouveau conseil des ministres ne plaît au chef conservateur. Le chef néo-démocrate, lui, dit qu’il attend de voir des gestes; les visages de ceux qui les poseront lui importent peu.

Les chefs d’opposition dont dépend la survie du gouvernement libéral minoritaire n’ont pas tardé à commenter le nouveau conseil des ministres, mercredi.

La sortie du conservateur Andrew Scheer s’est faite par voie de communiqué et sur un ton de colère.

«Justin Trudeau a clairement démontré qu’il n’a rien appris de ces quatre dernières années. En nommant un activiste anti-pipelines bien connu, des ministres qui l’ont suivi quand il a adopté des mesures législatives contre l’emploi, contre le secteur énergétique, et comme les projets de loi C-69 et C-48, Trudeau ne va qu’intensifier les divisions qu’il a créées durant la campagne électorale», a dit M. Scheer dans un communiqué. 

Le chef du Bloc québécois, lui, s’est donné la peine de se présenter en personne pour critiquer le nouveau gouvernement Trudeau.

Au foyer de la Chambre des communes, Yves-François Blanchet s’en est pris particulièrement à Pablo Rodriguez, nouveau leader parlementaire et, surtout, nouveau lieutenant québécois du premier ministre Trudeau.

«Il a nommé comme lieutenant québécois le grand prêtre du multiculturalisme canadien. Ce qui ne manquera pas de susciter des débats, bienveillants mais nécessaires, entre le Bloc québécois et le nouveau leader. (…) Le tempérament de M. Rodriguez est notoirement coloré. Voyons comment le ton sera géré», a averti M. Blanchet.

Le chef bloquiste reproche également au premier ministre d’avoir écarté Steven Guilbeault du ministère de l’Environnement et du Changement climatique.

«S’il n’avait pas été intimidé par l’Alberta, il aurait choisi pour le ministère de l’Environnement quelqu’un qui est allé en politique dans le but d’avoir une influence en environnement», a souligné M. Blanchet.

La critique venue du Parti vert s’est faite plus en douceur.

«Même si nous saluons la nomination de Jonathan Wilkinson au poste de ministre de l’Environnement et du Changement climatique, l’environnementaliste de longue date Steven Guilbeault semble être le choix naturel pour le dossier environnement», s’est désolée, dans un communiqué, Jo-Ann Roberts, chef intérimaire du Parti vert.

Le ton néo-démocrate était, lui aussi, plutôt conciliant.

«Je vais avoir confiance si j’ai (…) des actions concrètes», a dit Jagmeet Singh devant la porte des Communes, estimant que le changement des visages au conseil des ministres n’augure pas forcément d’un changement des politiques du gouvernement.

M. Singh attend donc avant de poser jugement. Certains ministères semblent le laisser perplexe. Il veut, par exemple, qu’on lui explique le rôle du nouveau ministère de la Prospérité de la classe moyenne.

Les parlementaires retournent en Chambre le 5 décembre.

Lina Dib, La Presse canadienne