National
13:11 22 novembre 2019

Le Québec tend la main à l’Alberta, puis corrige le tir sur la péréquation et le pétrole

Le Québec tend la main à l’Alberta, puis corrige le tir sur la péréquation et le pétrole
Photo: iStock

Le Québec tend un rameau d’olivier à l’Alberta en espérant apaiser les tensions entre les deux provinces.

Le ministre des Finances du Québec, Éric Girard, a écrit une lettre ouverte en anglais dans le «Financial Post» dans laquelle il présente sa province comme un «partenaire» de l’Ouest canadien et souhaite que les provinces de l’Ouest prospèrent.

Il a aussi tenu à rectifier certaines demi-vérités alimentées par des politiciens de l’Ouest canadien et certains médias.

M. Girard rappelle que près de la moitié des importations québécoises en pétrole proviennent des provinces de l’Ouest, ce qui fait du Québec l’un de leurs «meilleurs nouveaux clients».

M. Girard rappelle également qu’il est «faux» de prétendre que l’Alberta envoie des chèques de péréquation directement au Québec. Il est d’accord cependant pour dire que le programme de stabilisation fiscale «n’est pas adapté à la réalité d’aujourd’hui» et «doit être revu».

Le gouvernement du Québec souhaite lui aussi se défaire des paiements de péréquation «de moyen à long terme», a poursuivi M. Girard.

Rappelons que M. Girard s’est présenté comme candidat du Parti conservateur du Canada lors des élections de 2015, tout comme le premier ministre albertain actuel Jason Kenney.

Des tensions ont ressurgi entre l’Alberta et le Québec, la semaine dernière, après que le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, eut lancé des piques au sujet de l’industrie pétrolière.

Il n’en fallait pas plus pour que M. Kenney rétorque que les Québécois ne peuvent pas «avoir le beurre et l’argent du beurre», en faisant référence aux paiements de péréquation.

M. Kenney en a rajouté une couche cette semaine, avec la pénurie de propane imminente causée par le conflit de travail du Canadien National. Le premier ministre du Québec, François Legault, a déclaré jeudi que le Québec se trouvait dans un état d’urgence.

M. Kenney a répondu que le Québec n’avait qu’à permettre la construction de pipelines pour éviter les pénuries de propane, acheminé en majorité par voie ferroviaire.

À cela, M. Girard a répliqué qu’il n’y a pas de projets de pipelines de pétrole sur la table à dessin depuis l’abandon du projet Énergie Est par TransCanada en 2017. Seul le projet de liquéfaction de gaz naturel GNL Québec est en cours d’évaluation, dit-il.

Catherine Lévesque, La Presse canadienne