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Le premier ministre ontarien se fait conciliant, appelle à l’unité du pays

Le premier ministre ontarien se fait conciliant, appelle à l’unité du pays
Photo: Adrian Wyld/La Presse CanadienneJustin Trudeau et Doug Ford

OTTAWA — Le premier ministre ontarien s’est montré très conciliant lors d’une visite à Ottawa, vendredi matin.

Doug Ford et Justin Trudeau ont passé une cinquantaine de minutes ensemble, un tête-à-tête qualifié de «phénoménal» par M. Ford. À la sortie de cette réunion, donc, M. Ford rapportait qu’il n’a été question que de sujets sur lesquels les deux hommes pouvaient s’entendre.

Ainsi, on n’a pas parlé de prix sur le carbone ni de contrôle des armes à feu.

On s’est contenté de discuter infrastructures, transport en commun, soins de santé, développement économique, et même de l’université de l’Ontario français, maintenant que ce dossier n’est plus un litige entre Ottawa et Toronto.

La campagne électorale où M. Trudeau avait pris l’habitude de brandir le nom de M. Ford comme un épouvantail semble déjà oubliée.

«Savez-vous quoi? La famille du premier ministre fait de la politique depuis des années. Notre famille fait de la politique depuis des années. C’est ça, la politique», a noté M. Ford en ricanant.

Il n’y a donc eu aucune mention de la campagne fédérale au cours de l’entretien; pas eu d’excuses non plus.

Malgré toute cette bonne volonté, oui, le premier ministre ontarien continue de s’opposer à l’imposition par Ottawa d’un prix sur le carbone dans sa province. «Mais je me concentre sur les infrastructures, sur les choses qui comptent. La création d’emplois, c’est absolument essentiel», a dit M. Ford.

Il se présente maintenant comme celui qui peut réconcilier l’est et l’ouest du pays, lui qui sera l’hôte d’une rencontre des premiers ministres des provinces le 2 décembre, à Toronto.

«C’est absolument essentiel que nous unissions le pays», a-t-il insisté.

«Je m’entends très bien avec eux», a-t-il dit des gens de l’Ouest. «Je m’entends très bien avec François Legault (…) Nous devons simplement calmer les ardeurs et, encore une fois, s’unir comme pays», a-t-il ajouté.

«(M. Trudeau) veut un pays uni et j’ai hâte de l’aider à faire en sorte que nous soyons unis», a-t-il conclu. 

La semaine dernière, Justin Trudeau a tenu une rencontre semblable avec le premier ministre de la Saskatchewan Scott Moe – qui en est ressorti de bien mauvaise humeur, disant n’avoir rien entendu de neuf de la bouche du premier ministre.

Le premier ministre fédéral a aussi reçu dans son bureau le Manitobain Brian Pallister – qui s’est montré moins tranchant, mais pas tout à fait charmé.

La visite la plus difficile est à venir: celle de l’Albertain Jason Kenney. Une rencontre avec M. Legault est aussi dans le calendrier de M. Trudeau.

 

 

Lina Dib, La Presse canadienne