National
16:00 11 décembre 2019

Lutte aux GES: le Québec veut faire des affaires avec la Californie

Lutte aux GES: le Québec veut faire des affaires avec la Californie
Photo: Renée C. Byer/The Sacramento Bee via AP, PoolLe gouverneur de Californie Gavin Newsom a discuté avec Francois Legault, premier ministre du Québec le 11 décembre 2019, à Sacramento, en Californie.

SACRAMENTO, Calif. — Le Québec et la Californie veulent s’allier pour convaincre d’autres provinces canadiennes et davantage d’États américains à adhérer à la bourse du carbone, afin de réduire la production de gaz à effet de serre (GES).

Au terme de sa mission de quatre jours en Californie, le premier ministre François Legault, qui s’est posé en leader «vert», a réaffirmé son intention de miser sur l’électrification des moyens de transport — voitures, camions et autobus — afin d’améliorer le bilan environnemental du Québec.

«Notre grand défi, c’est le transport» pour réduire les GES, et ce sera donc la priorité, a commenté M. Legault, mercredi, en conférence de presse, après s’être entretenu avec le gouverneur de la Californie, Gavin Newsom.

Le Québec va aussi explorer l’idée de partenariats d’affaires à conclure avec la Californie pour la fabrication de véhicules électriques, «pour que ça fasse l’affaire de tout le monde».

«La Californie est plus pro-environnement que l’ensemble des États-Unis et le Québec est plus pro-environnement que le reste du Canada», selon lui.

Au Canada, à part le Québec, seule l’Ontario a adhéré à la bourse du carbone, avant de s’en retirer. M. Legault a dit espérer que des États comme celui de New York et du Massachusetts se joignent prochainement à cette initiative.

Pour affirmer son image de leader vert, M. Legault a aussi annoncé qu’il se rendra à la COP26, à Glasgow, en Écosse, en décembre prochain. Il ne s’est pas rendu à la COP25 qui se déroule présentement à Madrid.

Dernier arrêt de sa mission en Californie, M. Legault s’est rendu à Sacramento, la capitale, en matinée mercredi, pour rencontrer le gouverneur Newsom.

L’avenir de la bourse du carbone était le sujet du jour, alors que le président Donald Trump a intenté en octobre une poursuite contre la Californie pour contester son entente avec le Québec dans ce dossier.

En point de presse, le gouverneur a minimisé la procédure judiciaire en cours et indiqué son intention d’aller de l’avant malgré les embûches pour réduire les gaz à effet de serre (GES).

«Nous sommes impliqués dans 64 poursuites avec l’administration Trump», a commenté le gouverneur d’allégeance démocrate, en dénonçant cette nouvelle «agression» du gouvernement fédéral américain contre la bourse du carbone, une initiative qu’il a qualifiée «de particulièrement insultante et absurde». 

Au Québec comme en Californie, la bourse du carbone va aller de l’avant et, quoi qu’il arrive, cela n’aura pas «d’impact significatif» sinon sur le plan symbolique, selon le gouverneur de la cinquième économie au monde.

Le but poursuivi consiste à augmenter le nombre d’États américains et de provinces canadiennes qui optent pour la formule d’échange de droits d’émission. «Nous allons continuer à créer des partenariats avec le reste du monde», a dit M. Newsom. 

Le partenariat entre le Québec et la Californie sur le marché du carbone a été conclu en 2013.

Selon le gouvernement fédéral américain, qui cherche à faire invalider cette entente, la Californie ne pouvait pas de son propre chef conclure un tel partenariat avec le Québec, qui défie la politique étrangère du pays. L’État de Californie est plutôt d’avis que l’accord signé dans le cadre de la Western Climate Initiative (WCI) respecte en tous points la Constitution américaine. Les tribunaux devront donc trancher.

La WCI est une initiative créée en 2007 visant à établir une collaboration entre des États américains et des provinces canadiennes sur la réduction des GES. 

À ce sujet, le premier ministre Legault a réaffirmé dans le passé son soutien à la bourse du carbone, par opposition à une taxe, ajoutant que le Québec pourrait faire cavalier seul, si jamais la Californie devait se retirer de l’équation.

La bourse du carbone cherche à encadrer les émissions de gaz à effet de serre (GES) des grandes entreprises. C’est un système de plafonnement et d’échange de droits d’émission de GES produits par ces entreprises.

En quelque sorte, ces dernières se donnent ainsi un droit de polluer, en s’échangeant entre elles des droits d’émission non utilisés.

Dans les prochains mois, le gouvernement du Québec doit annoncer ses cibles pour 2030.

La dernière présence d’un premier ministre du Québec en Californie était celle du premier ministre Jean Charest en octobre 2009.

La Californie est l’État le plus peuplé des États-Unis et le Québec y a une délégation à Los Angeles, ainsi qu’un bureau dans la Silicon Valley. 

Jocelyne Richer, La Presse canadienne