National
11:49 12 décembre 2019 | mise à jour le: 16 décembre 2019 à 00:02

Andrew Scheer démissionne de la chefferie du Parti conservateur

Andrew Scheer démissionne de la chefferie du Parti conservateur
Photo: Josie Desmarais/MétroAndrew Scheer, chef du Parti conservateur

OTTAWA — Le Parti conservateur du Canada aura un nouveau chef.

Andrew Scheer a annoncé qu’il quittera la direction du parti après l’élection du prochain chef. Il va demander à l’administration du parti de démarrer le processus d’une course à la direction pour le remplacer.

«C’était l’honneur de ma vie professionnelle d’être chef du Parti conservateur et je remercie tous mes collègues pour l’appui et leur confiance pendant les dernières trois années», a-t-il dit lors d’une déclaration à la Chambre des communes, entouré de l’ensemble de ses députés.

M. Scheer dit qu’il s’agit de la «décision la plus difficile» qu’il ait eu à prendre, mais dit qu’il veut se consacrer à sa famille d’abord. «Notre parti a besoin de quelqu’un qui peut donner tout ce qu’il a», a affirmé M. Scheer, qui estime qu’il ne peut pas imposer tout ce stress à sa famille dans les mois à venir.

Cette annonce survient alors que de nouvelles révélations ont fait surface voulant que M. Scheer ait utilisé les coffres du Parti conservateur pour payer les frais de scolarité de l’école privée pour ses enfants.

«Si ça sort aujourd’hui et qu’il démissionne aujourd’hui, j’imagine que c’est peut-être une des gouttes qui ont fait déborder le vase», a offert en guise d’explication le sénateur conservateur Claude Carignan, qui a traversé les 500 mètres qui séparent le Sénat et le Parlement pour l’occasion.

D’autres députés conservateurs ont affirmé aux médias ne pas être au courant de ces révélations ou ont nié le lien entre le financement des écoles privées et la démission soudaine de M. Scheer.

«Ça n’a rien à voir avec sa décision», a déclaré le député albertain Chris Warkentin.

Dans une rare déclaration écrite, le directeur du Parti conservateur, Dustin van Vugt, a confirmé qu’il a lui-même offert à M. Scheer de rembourser certaines dépenses après son élection comme chef en 2017.

«Nous avons eu une rencontre lors de laquelle j’ai fait l’offre standard de couvrir les coûts liés au déménagement de sa famille de Regina à Ottawa. Cela comprend la différence dans les frais de scolarité entre Regina et Ottawa. Toutes les procédures appropriées ont été respectées et autorisées par les responsables visés», assure M. van Vugt.

La grogne à l’endroit de M. Scheer n’avait cessé de s’intensifier depuis la défaite de son parti lors des élections du 21 octobre. Il a été ouvertement critiqué par des membres de son caucus et d’anciens candidats, qui estimaient qu’il n’était pas l’homme de la situation pour les mener à la victoire aux prochaines élections.

Les critiques ont été particulièrement virulentes au Québec, où les conservateurs ont perdu des appuis en raison des positions du chef conservateur sur l’avortement et le mariage gai entre autres.

M. Scheer a délégué l’ancien ministre John Baird avec la tâche de faire la lumière sur les raisons de la défaite conservatrice. Il a rencontré les membres du caucus du Québec mardi et ceux du caucus régional des maritimes mercredi.

«J’imagine que si John Baird a parlé à Andrew Scheer dans les derniers jours, ça ne devait pas être un rapport très positif sur l’état d’âme des membres du caucus», fait valoir M. Carignan.

Le directeur du parti, lui, soutient que M. Scheer a pris la décision de démissionner «après des semaines de discussions longues et difficiles avec ses amis et sa famille». Il a commencé à informer les membres de son personnel de son départ plus tôt cette semaine et l’a annoncé à son caucus jeudi en matinée.

M. Scheer dit qu’il veut s’assurer que la personne qui lui succèdera aura l’appui nécessaire du caucus pour mener les conservateurs à la victoire. Il a également un message pour tous ses collègues pour la suite des choses: «Restons unis.»

M. Scheer compte rester député de sa circonscription de Regina-Qu’Appelle, en Saskatchewan, dans un «futur proche», n’indiquant pas s’il va compléter son mandat.

Catherine Lévesque, La Presse canadienne

Articles similaires