National
16:35 17 janvier 2020

Intéressé par la direction du PCC, Jean Charest demande la fin de l’enquête Mâchurer

Intéressé par la direction du PCC, Jean Charest demande la fin de l’enquête Mâchurer
Former Newfoundland and Labrador premier Brian Tobin, left, chats with former Quebec premier Jean Charest at the state funeral for John Crosbie, a former federal cabinet minister and staunch defender of Newfoundland and Labrador, at the Anglican Cathedral of St. John the Baptist in St. John’s on Thursday, January 16, 2020, THE CANADIAN PRESS/Andrew Vaughan

OTTAWA — Jean Charest demande la fin de l’enquête Mâchurer de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) qui le vise, alors qu’il songe à revenir en politique active.

Son avocat, Michel Massicotte, a offert une entrevue à la télévision de Radio-Canada vendredi pour clamer l’innocence de son client et réclamer la fin de cette enquête qui colle à l’ancien premier ministre du Québec depuis des années.

«Écoutez, ça fait six ans. Six ans! Et on n’a toujours pas encore réussi à trouver quoi que ce soit», a-t-il déclaré.

Cette sortie de M. Massicotte survient au lendemain de la divulgation de mandats de l’UPAC qui visaient Marc Bibeau, ancien collecteur de fonds pour le Parti libéral du Québec (PLQ).

Ces documents rendus publics jeudi ont levé le voile sur le financement occulte du PLQ pendant les années Charest. L’ancien premier ministre n’y est mentionné que comme l’ami de M. Bibeau.

M. Massicotte est catégorique: il n’y a «strictement rien qui relie M. Charest à quelque acte illégal» et il est temps que Mâchurer prenne fin, près de six ans plus tard.

«Cessez cette enquête. Nous avons coopéré. Arrêtez de dire qu’on se cache ou quoi que ce soit. Nous avons offert notre coopération, mais cette coopération ne semble pas être réciproque», a-t-il soutenu.

M. Massicotte soutient que des policiers de l’UPAC ont demandé à deux reprises — en 2013 et en 2014 — à rencontrer M. Charest, qui a accepté. Mais à chaque fois, l’offre est demeurée lettre morte, a-t-il déploré.

Il a aussi rappelé que M. Charest avait rencontré en 2014 la procureure de la commission Charbonneau — l’actuelle ministre québécoise de la Justice, Sonia LeBel — ainsi que deux policiers qui, plus tard, ont été rattachés à l’UPAC.

M. Charest avait également soumis une déclaration de 300 pages dans laquelle il s’expliquait sur la question du financement politique et sa relation avec M. Bibeau, précise son avocat.

M. Charest n’a finalement jamais été invité à témoigner à la commission Charbonneau et le rapport final ne lui adresse aucun blâme.

M. Massicotte va même jusqu’à dire que son client n’était pas au fait des pratiques de financement de M. Bibeau.

«Pour cautionner une pratique, encore faut-il être au courant de ladite pratique», a fait valoir l’avocat, ajoutant au passage qu’à l’arrivée de M. Charest à la tête du PLQ en 1998, il y avait déjà un système de financement organisé et des objectifs à atteindre.

Le fait qu’il soit toujours visé par l’enquête Mâchurer serait un boulet au pied de M. Charest s’il confirme qu’il se présente à la direction du Parti conservateur du Canada.

S’il décide d’y aller, il devra divulguer qu’il fait l’objet d’une enquête dans le questionnaire des candidats et ses adversaires ne manqueront pas de le lui rappeler.

«Évidemment, dans un contexte où M. Charest a des velléités de se présenter pour un parti politique, bien écoutez, ça prend d’autant d’importance», a lancé Massicotte, ajoutant qu’il n’est «pas mêlé à ça».

M. Massicotte a refusé la demande d’entrevue de La Presse canadienne.

Catherine Lévesque, La Presse canadienne