National
17:24 21 janvier 2020

Ottawa refuse d’échanger Meng Wanzhou contre les deux Canadiens détenus en Chine

Ottawa refuse d’échanger Meng Wanzhou contre les deux Canadiens détenus en Chine
Photo: Mike Sudoma/La Presse canadienneLe premier ministre Justin Trudeau et les membres de son cabinet alors qu'il s'adresse aux médias.

WINNIPEG — Le gouvernement Trudeau n’a pas l’intention d’échanger la directrice des finances de Huawei, Meng Wanzhou, pour libérer les Canadiens Michael Spavor et Michael Kovrig, détenus en Chine.

En conférence de presse, mardi, le premier ministre Justin Trudeau a fermé la porte à cette option. «Nous sommes un pays de règle de droit et nous allons le rester», a-t-il dit.

La proposition de procéder à un «échange de prisonniers» avec la Chine a été soulevée par l’ancien premier ministre Jean Chrétien et l’ancien ministre des Affaires étrangères John Manley, entre autres.

L’idée a été de nouveau évoquée cette semaine par Eddie Goldenberg, un ancien proche collaborateur de M. Chrétien.

En décembre dernier, M. Trudeau avait révélé dans une entrevue à TVA qu’il avait demandé aux États-Unis de ne pas finaliser un accord de libre-échange avec la Chine tant que les Canadiens seraient emprisonnés.

Cette demande avait été tournée en ridicule par un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, qui avait déclaré qu’elle était «vouée à l’échec».

Washington et Pékin ont finalement convenu d’une trêve commerciale, la semaine dernière, alors que MM. Spavor et Kovrig sont toujours détenus par les autorités chinoises.

Questionné sur les recours possibles pour obtenir leur libération, M. Trudeau a assuré qu’il y a différentes avenues qui sont prises en considération, que ce soit avec l’ensemble de la communauté internationale ou avec la Chine directement.

Dans les derniers mois, le Canada a obtenu le soutien de nombreux pays alliés qui ont fait pression sur la Chine en soulevant le cas de MM. Spavor et Kovrig de façon régulière.

«Nous allons continuer de travailler avec la Chine directement pour souligner qu’on est un pays de la règle de droit et que nous allons continuer de travailler très fort pour assurer le retour des deux Canadiens détenus», a déclaré M. Trudeau.

«Nous avons beaucoup de différentes façons d’approcher ce problème et nous nous approchons sur cet enjeu de façon rigoureuse et régulière», a-t-il ajouté.

Catherine Lévesque, La Presse canadienne