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13:54 22 janvier 2020 | mise à jour le: 26 janvier 2020 à 00:02

Un mort et cinq disparus au Lac-Saint-Jean: deux motoneiges sont retrouvées

Un mort et cinq disparus au Lac-Saint-Jean: deux motoneiges sont retrouvées
Photo: Le Quotidien, Rocket Lavoie/La Presse Canadienne

Les questions sont nombreuses à la suite de la tragédie survenue lors d’une randonnée de motoneige, mardi soir, à Saint-Henri-de-Taillon, au Lac Saint-Jean.

Cinq motoneigistes français manquent toujours à l’appel et leur guide, un Québécois de 42 ans, est décédé après avoir été repêché des eaux glaciales.

Le groupe, composé de neuf motoneigistes, soit le guide et huit touristes français, circulait dans le secteur de La Grande Décharge lorsque la glace a cédé.

Selon les informations recueillies jusqu’ici, les trois rescapés sont les huitième et neuvième motoneigistes qui se sont portés au secours du septième lorsqu’ils ont vu ce dernier sombrer. Ils se sont ensuite dirigés tous trois vers un commerce à proximité où ils ont alerté les autorités vers 19h30.

Des plongeurs et motoneigistes de la Sûreté du Québec (SQ), des embarcations du service des incendies et les Forces armées canadiennes ont été déployés sur place pour mener les recherches. Un hélicoptère militaire a survolé les lieux pour retrouver des victimes et l’hélicoptère de la SQ y est également déployé.

Un danger pourtant bien connu

La menace que représente l’embouchure de La Grande Décharge, qui sépare Saint-Henri-de-Taillon et Alma, dans l’est du Lac-Saint-Jean, est pourtant bien connue des gens du secteur, selon le président du Club de motoneigistes du lac Saint-Jean, Gaétan Gagné.

«Les amateurs du coin, ceux qui restent près de la rive, le connaissent très bien. Ils savent qu’il ne faut pas s’aligner vers La Grande Décharge parce qu’il y a un barrage plus bas. L’eau brasse beaucoup et elle ne gèle presque jamais.

«C’est pour ça qu’on ne met pas de sentier de motoneige sur le lac Saint-Jean aux abords de ce secteur», a-t-il précisé.

En fait, on a même déplacé certains sentiers pour les éloigner davantage des eaux dangereuses, au point où la présence du groupe ne pouvait être un hasard ou un simple écart de direction du sentier, selon M. Gagné.

«C’est impossible, c’est trop loin. Le sentier est bien balisé. Pour se rendre où ils étaient, il fallait choisir de se rendre là-bas.»

France Paradis, un journaliste à la retraite d’Alma et enthousiaste de motoneige, s’est pour sa part montré perplexe quant à cette présence.

«Que faisaient-ils dans ce secteur-là à cette heure-là? Généralement, des expéditions de cette nature (…) ils sont de retour à leur hôtel vers 17h00, non pas parce que c’est dangereux de faire ça dans le noir, mais parce que les forfaits comprennent habituellement un bon souper à l’hôtel après la journée de motoneige avec les amis et tout.»

Hypothèse de scénario

Selon M. Paradis, le scénario le plus plausible est le suivant: «On peut penser que les motoneiges se suivaient à la queue-leu-leu, la première a enfilé dans l’eau et tu n’as pas le temps de réagir, ça se déroule en une fraction de seconde. Disons qu’ils circulaient à 50 ou 60 km/h, c’est pouf, pouf, pouf, tout le monde se retrouve à l’eau. Et quand une motoneige arrive dans l’eau comme ça, elle glisse à la surface sur environ 20, 25 pieds et après ça elle se met à couler exactement comme un fer à repasser.»

Et la suite prévisible, telle qu’il la décrit, a de quoi glacer le sang.

«Quand tu tombes à l’eau, il faut bien comprendre que t’es habillé en habit de motoneige. Tu vas flotter pendant 10 secondes, mais dès que l’eau commence à s’engouffrer à l’intérieur du costume, avec le poids du casque et tout, tu deviens comme un roche.»

Or, l’eau atteint une profondeur de 25 à 30 pieds à cet endroit.

Encadrement des guides à venir

À Québec, la ministre responsable de la région, Andrée Laforest, a indiqué que sa collègue aux Relations internationale, Nadine Girault, était en contact depuis tôt mercredi matin avec le consulat de France, à Québec, pour offrir tout le soutien requis tant aux autorités françaises qu’aux proches des disparus.

La ministre s’est bien gardée de remettre en question la compétence du guide qui a péri dans les eaux glacées, faisant valoir que l’affaire est encore sous enquête.

Par contre, elle a indiqué que sa collègue au Tourisme, Caroline Proulx, était «sur le point d’annoncer un encadrement à venir pour les agences d’écotourisme».

«Le tourisme, c’est quand même une activité hyper importante au Québec et vraiment florissante. C’est important de ne pas seulement accentuer sur les activités du tourisme et les mettre en valeur, mais de bien les encadrer», a-t-elle fait valoir.

Pierre Saint-Arnaud, La Presse canadienne

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