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21:16 25 janvier 2020 | mise à jour le: 29 janvier 2020 à 00:02

Un premier cas présumé de coronavirus chinois est identifié au Canada

Un premier cas présumé de coronavirus chinois est identifié au Canada
Photo: Chris Young/La Presse canadienneDr. David Williams, Andy Smith, Dr. Eileen de Villa, Dr. Barbara Yaffe, Christine Elliott, et Dr. Peter Donnelly,

TORONTO — Un premier cas présumé de coronavirus chinois a été identifié au Canada, ont annoncé les autorités ontariennes, samedi.

Le cas a été répertorié à Toronto.

Selon la médecin hygiéniste en chef adjointe de la province, Barbara Yaffe, il s’agirait d’un individu âgé de la cinquantaine qui aurait séjourné à Wuhan, en Chine, là où est situé l’épicentre de l’épidémie. Il serait tombé rapidement malade, montrant des symptômes liés au coronavirus. L’homme est hospitalisé à l’hôpital Sunnybrook de Toronto et placé en isolement dans une chambre de pression négative. Mme Yaffe a dit que l’état du patient était stable.

«Nous avons été avisés des résultats du laboratoire en milieu d’après-midi, a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse. Les services d’urgence étaient au courant de son historique de voyage et ont employé toutes les précautions nécessaires.»

Les résultats d’analyse du Laboratoire national de microbiologie à Winnipeg sont attendus pour confirmer l’infection, décelée par une première série de tests à Toronto.

La nouvelle survient au moment où, tout autour de la planète, les services de la santé publique tentent de lutter contre ce nouveau virus originaire de Chine, mais qui a aussi été détecté en Europe, en Australie et en Amérique du Nord. Près de 2000 cas ont été répertoriés, dont trois en France et deux aux États-Unis.

Le médecin hygiéniste en chef de l’Ontario, David Williams, a voulu se montrer rassurant en soulignant que les services de santé ont réagi correctement. «En conséquence, les risques pour les Ontariens demeurent bas. La situation a bien été gérée et maîtrisée», a-t-il soutenu.

Même si ce cas de coronavirus est seulement «présumé positif» pour l’instant, les autorités disent prendre l’ensemble des précautions nécessaires. Toutes les personnes qui sont entrées en contact avec le patient entre son atterrissage à Toronto, mercredi, et son hospitalisation, jeudi, doivent être questionnées.

Le soutien des autorités fédérales permettra également de contacter les passagers qui se trouvaient à quelques rangées de l’homme lors de son vol à destination de Toronto, plus tôt cette semaine.

Selon le docteur Williams, la disponibilité des informations sur la maladie semble avoir contribué à la détection précoce de ce cas, car le patient a lui-même contacté les autorités au lendemain de son arrivée au pays.

«L’individu, conscient de sa responsabilité lorsqu’il ne se sentait pas bien, même sans avoir de symptômes vraiment graves, était assez préoccupé et suffisamment renseigné», a-t-il souligné.

Vendredi, le directeur national de la Santé publique du Québec, Horacio Arruda, avait déclaré qu’il n’existait aucun cas répertorié d’une personne ayant contracté le coronavirus dans la province.

Le risque demeure faible

En Chine, le nombre de décès liés au coronavirus s’élève maintenant à 56, avec 1975 cas recensés. L’Organisation mondiale de la santé n’a toutefois pas déclenché une alerte sanitaire à l’échelle mondiale.

À titre comparatif, l’influenza cause annuellement 12 200 hospitalisations et provoque 3500 décès selon les données du gouvernement canadien.

Le maire de Toronto John Tory a réitéré les déclarations des autorités sanitaires ontariennes en affirmant que les risques demeuraient bas. Il a exprimé sa confiance envers la médecin hygiéniste de la ville de Toronto, Eileen de Villa.

«Nos travailleurs de santé de première ligne sont les meilleurs au monde. Les procédures sont en place pour garder la population en toute sécurité», a-t-il dit après la conférence de presse.

Dans un communiqué, la ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu, a elle aussi tenu à rappeler que le risque d’une éclosion reste «faible» au pays.

«Le gouvernement du Canada travaille en étroite collaboration avec ses homologues provinciaux et territoriaux, ainsi qu’avec des partenaires internationaux, depuis que la Chine a signalé les premiers cas de nCoV-2019. Nous sommes ainsi prêts à limiter la propagation de ce virus au Canada», a-t-elle déclaré samedi.

Le gouvernement fédéral a récemment renforcé les mesures de surveillance  dans les aéroports du Canada, notamment à Toronto, Vancouver et Montréal. Ainsi, les questions de dépistage obligatoires aux postes frontières comporteront désormais des questions sur les voyages effectués à Wuhan au cours des 14 derniers jours. Une réponse positive déclencherait un processus de dépistage renforcé.

Les symptômes de l’infection au coronavirus ressemablent à ceux du rhume ou de la grippe — toux, fièvre, serrement de poitrine et essoufflement. Mais l’infection peut se transformer en pneumonie, maladie plus grave. La majorité des décès répertoriés ont touché des aînés.

Vendredi, les responsables de la santé publique avaient aussi tenté de rassurer les Canadiens en leur disant de ne pas avoir à s’inquiéter de voir des villes entières mises en quarantaine, même dans l’éventualité — probable — que des cas d’infection au nouveau coronavirus soient signalés au pays.

Les inquiétudes concernant la propagation du virus au pays ont ravivé — surtout en Ontario — les souvenirs de l’épidémie de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) en 2003. L’éclosion avait fait 44 morts dans la grande région de Toronto et la ville était devenue temporairement une «pestiférée» — l’Organisation mondiale de la santé avait lancé un avis conseillant aux voyageurs d’éviter la métropole canadienne.

La Presse canadienne


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