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16:50 13 février 2020 | mise à jour le: 17 février 2020 à 00:02

Le coronavirus ne fait pas partie des maladies à traitement obligatoire

Le coronavirus ne fait pas partie des maladies à traitement obligatoire
Photo: CDC/Getty Images

QUÉBEC — Danielle McCann n’a pas l’intention d’inscrire le coronavirus sur les listes des maladies à déclaration ou à traitement obligatoire.

La ministre de la Santé a fait part de cette décision, jeudi, en commission parlementaire étudiant le projet de loi 43.

«Est-ce que ça vous tente de le changer, ce règlement-là? Est-ce que vous pensez que ce serait nécessaire?» lui a demandé le porte-parole libéral en santé, André Fortin.

«Je ne pense pas que c’est nécessaire», a répondu Mme McCann. 

L’épidémie de coronavirus a fait plus de 1000 morts en Chine, où il a été d’abord détecté en décembre 2019. 

Les principaux symptômes de la maladie sont la fièvre, la toux et les difficultés respiratoires. À ce jour, aucun cas n’a été rapporté au Québec.  

La seule et unique maladie à traitement obligatoire au Québec est la tuberculose, qui est hautement contagieuse. 

Actuellement, si un médecin croise une personne qu’il croit atteinte de tuberculose, il peut la forcer à aller se faire traiter, quitte à mettre la police à ses trousses.

En revanche, une maladie à déclaration obligatoire doit, comme son nom l’indique, être obligatoirement déclarée aux autorités de santé publique.

À titre d’exemple, il s’agit de maladies, infections ou intoxications telles que la syphilis, la chlamydia, la rougeole, l’intoxication à la suite d’une fuite de gaz majeure, le VIH et le SIDA uniquement si la personne a reçu ou donné du sang ou des tissus.

Jeudi, la direction de la santé publique a invoqué des circonstances «très exceptionnelles» pour déclarer une maladie à traitement obligatoire.  

Le coronavirus ne figurera pas sur la liste, puisqu’il n’y a pas de traitement, a tranché Yves Jalbert, directeur général adjoint de la protection de la santé publique. «C’est déjà un problème», a-t-il dit.

«Deuxième chose, c’est une maladie qui a quand même une durée assez courte, (…) donc qui ne va pas s’étendre à long terme, et c’est une maladie où l’on peut facilement identifier les personnes et les placer en surveillance, (…) ce qui est plus difficile avec la tuberculose, compte tenu de l’environnement socio-économique où la maladie se déclare», a-t-il expliqué. 

Inutile aussi d’inclure le coronavirus sur la liste des maladies à déclaration obligatoire, puisque des protocoles et des mécanismes d’enquête existent déjà et sont mis en application, selon M. Jalbert. 

Au Québec, on demande actuellement aux médecins de bien vouloir signaler les cas de coronavirus, «et le signalement se fait, à toute fin pratique, avec les mêmes finalités qu’une déclaration, donc ça sert les mêmes fins», a-t-il conclu.   

Caroline Plante, La Presse canadienne

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